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LIVRE XXVI11.

comptables par des échéances différées des bénéfices d’intérêts qu’onavait jugé convenable de leur accorder. On pouvait obtenir les mêmesrésultats en réglant le compte d’intérêt établi entre le Trésor et les re-ceveurs généraux, de manière à indemniser ces derniers. C’est en effetce qui est arrivé depuis. La caisse de service, instituée d’après les mê-mes principes, s’appelle caisse centrale du Trésor. Les receveurs géné-raux sont en compte courant avec celte caisse. On les débite , c’est-à-dire on les constitue débiteurs de tout ce qu’ils ont reçu dans ladizaine. On les crédite, c’est-à-dire on les constitue créanciers de toutce qu’ils ont versé dans la même dizaine. L’intérêt qui court contreeux, quand ils sont débiteurs, court pour eux quand ils sont créan-ciers. On règle ensuite le compte d’intérêt tous les trois mois, et deplus, à la fin de l’année, on leur alloue pour la masse des contributionsdirectes, autrefois représentées par les obligations , une bonificationd’intérêt, qui les indemnise si les rentrées n’ont pas eu lieu dans lesdouze mois, qui les récompense s’ils ont su les opérer dans cet inter-valle de temps, qui les intéresse enfin au prompt et facile recouvre-menl des deniers publics.

Cette belle opération achevait la réorganisation des finances, parla bonne constitution de la trésorerie. Il fut convenu quelle ne s’exé-cuterait définitivement qu’en 1808, soit à cause du débet des négo-ciants réunis qui ne pouvait être entièrement acquitté qu’à cette épo-que, soit à cause du recouvrement des contributions étrangères qu’ilétait impossible d’opérer plus têt. L’emprunt de 124 millions dut êtreapp'ïcable à l’exercice 1808, lequel, moyennant cette somme de 124 mil-lions, allait faire abandon à l’exercice 1809 de toutes les obligationset bons à vue échéant après le 31 décembre 1808 ; de façon que l’exer-cice 1809 devait être le premier qui n’aurait à sa disposition que desvaleurs échéant dans les douze mois de sa durée 1 .

Ce prêt accordé au trésor de l’État par le trésor de l’armée ne de-vait pas être temporaire, mais définitif, au moyen d’une combinaisonprofonde, qui révélait plus clairement encore l’usage que Napoléonentendait faire des produits de la victoire. Il entrevoyait qu’aprèsavoir payé les dépenses extraordinaires de guerre de 1803, de 1806et de 1807, il lui resterait environ 500 millions, lesquels étaient

1 Le décret définitif, ordonnant le prêt de 8<4 millions, ne fut signé que le0 mars 1808.