rONTAINKBLEAU.
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comptes les formes routinières et vagues de l’ancienne trésorerie, maisles formes simples, pratiques et sûres du commerce, les avait intro-duites à la caisse d’amortissement, lorsqu’il rn était le directeur, et àla caisse de service depuis qu’il en avait fait adopter l’institution. Ilavait fait usage dans cette caisse des écritures en partie double , quiconsistent à tenir un journal quotidien de toutes les opérations derecette ou de dépense au moment même où elles s’exécutent, à extrairede ce journal les faits particuliers à chacun des débiteurs ou créanciersauxquels on a affaire dans une même journée, pour ouvrir à chacund’eux un compte particulier qui met en regard ce qu’ils doivent et cequ’on leur doit ; à résumer enfin tous ces comptes particuliers dansun compte général, qui n’est qu’une analyse quotidienne et bien faitedes relations d’un commerçant avec tous les autres, et lui donne pourcontradicteurs naturels tous ceux qui sont nommés dans ses livres, les-quels ont dû tenir de leur côté des livres semblables, et les tenir exac-tement sous peine de faux. M. Mollicn, observant, à l’aide dépareillesécritures, la marche de la caisse de service, et la situation des comp-tables envers elle, pouvant à chaque instant s’assurer de leur exacti-tude à verser, et à chaque inslant aussi savoir ce qu’elle avait deressources ou d’engagements, se demanda naturellement pourquoicette comptabilité ne deviendrait pas celle du Trésor lui-même, sacomptabilité obligatoire et unique. Les receveurs généraux n’envoyaientalors à la comptabilité générale que des déclarations résumées de leursrecettes et de leurs versements, à des intervalles de temps éloignés,et sans y joindre un journal quotidien de leurs opérations. Les comp-tables inférieurs qui leur versaient les fonds, les payeurs qui les rece-vaient de leurs mains pour les appliquer aux dépenses de l’Etat, et quiétaient les uns et les autres leurs contradicteurs naturels, n’envoyaientpas non plus le journal de leurs opérations. Ils n’adressaient tous quedes résultats généraux, qui étaient recueillis plus tard, et trop tardpour que la comptabilité générale fût à même, en les comparant, d’a-purer le compte de chacun. Aussi les receveurs généraux pouvaient-ils se constituer en débet, sans que le Trésor le sût, et, ce qui est pire,sans qu'ils le sussent eux-mêmes. Lorsqu’il y avait, en effet, tel d’entreeux qui percevait dans l’année 50 à 40 millions; il lui était bien facile,sur pareille somme, de retenir annuellement deux ou trois cent millefrancs, et, en gagnant ainsi quatre ou cinq années sans régler son compte,d’accumuler trois ou quatre débets ensemble, et de s’arriérer avec le