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!a mauvaise foi évidente, mais pardonner ou les inexactitudes invo- |

iontaires, ou les lenteurs, suite d’anciennes habitudes; car la mauvaise )

méthode avait été le complice et le séducteur des mauvais comptables, jet était plus comptable qu’eux. En conséquence, excepté trois rece-veurs généraux qu’on frappa de destitution, les autres furent ramenésà de meilleurs habitudes, mais non privés de leur charge.

Napoléon, charmé de ce bel ordre,voulut récompenser le ministrequi l’avait établi, et qu’il avait du reste puissamment secondé par son j

approbation, par la force qu’il lui avait prêtée contre des résistances J

intéressées. N’approuvant pas toujours scs idées en fait d’économiepublique, quoiqu’il approuvent toutes ses idées en fait de comptabilitélinancière, il avait un jour, au Conseil d’Etat , lancé quelques traitsacérés contre les novateurs. M. Mollien avait cru que ces traits étaientdirigés contre lui, et s’en était plaint dans une lettre respectueuse,mais empreinte du chagrin qu’il avait ressenti. Napoléon se hâta delui répondre en termes pleins de noblesse et de cordialité, et de luiexprimer sa haute estime, et sou regret d’avoir été mal compris. Puisil lui adressa l’une des grandes décorations qu’il distribuait à scs ser-vileurs, et une somme considérable pour acheter une terre, dans la-quelle ce ministre passe aujourd’hui les dernières années d’une vieutile et justement honorée.

Une seule institution manquait encore pour que l’administration dela France ne laissât plus rien à désirer. On avait réuni dans la compta-bilité centrale, comme dans un foyer où des rayons lumineux viennentse concentrer pour répandre plus d'éclat, tous les moyens de contrôleet de constatation mathématique. Mais cette comptabilité n’avait qu’uneautorité purement administrative. Ses décisions à l’égard des comp-tables étaient insuffisantes, dans certains cas, pour les contraindre oupour les libérer, et, à l’égard du pays, elles n’avaient d’autre valeurmorale que celle d’un témoignage rendu par les administrateurs duTrésor sur eux-mêmes et sur leurs subordonnés. Il restait à créer unejuridiction plus élevée, c’est-à-dire une magistrature apurant tous lescomptes, déchargeant valablement les comptables, dégageant leurspersonnes et leurs biens hypothéqués à l’État, affirmant, après un exa-men fait en dehors des bureaux des finances, l’exactitude des comptesprésentés, et donnant à leur règlement annuel la forme et la solennitéd’un arrêt de cour suprême. Il fallait enfin créer une Cour des comptes. jNapoléon y avait souvent pensé, et il réalisa au retour de Tilsit cette jgrande pensée.