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LIVRE XXVllI.
l'équilé d’uD code qui, outre sa précision, sa clarté, sa conséquence,avait l’avantage de rétablir la justice dans la famille, et d’y faire cesserla tyrannie féodale. A Hambourg le Code civil avait été réclamé par ievœu de la populalion. Il venait d’ètrc mis en pratique à Dantzig. Onannonçait qu’il eu serait ainsi à Brème, et dans les villes hanséatiques.
Le prince primat dans sa principauté de Francfort, le roi de Bavière dans sa monarchie agrandie, l’avaient mis à l’étude, pour l’introduiredans les esprits avant, de l’introduire dans les usages. Le grand-ducde Bade venait de l’admettre pour son duché. C’est ainsi que la France dédommageait l’humanité du sang versé pendant la guerre, et com-pensait un peu de mal fait à la génération présente, par un bien im-mense assuré aux générations futures.
Tous les genres de gloire seraient par la Providence dispensés à unenation, que celte nation aurait de vifs regrets à concevoir si la gloiredes lettres, des sciences, des arts, lui était refusée; et, si les Romainsn’avaient eu que le mérite de vaincre le monde, de le civiliser aprèsl’avoir vaincu, de lui donner des lois immortelles, qui, adaptées à nosmœurs, vivent encore dans nos codes ; s’ils n’avaient eu que cet émi-nent mérite, s’ils n’avaient compté parmi leurs grands hommes Horace, ,Virgile, Cicéron, Tacite , n’ayant rien fait pour charmer l’humanité,après avoir tant fait pour la dominer, ils laisseraient aux Grecs l’hon-neur d’en être les délices, et ils occuperaient dans l’histoire de l’esprithumain une place inférieure à celle de ce petit peuple. Mais le génie :du gouvernement et de la guerre n’exista jamais sans le génie des >:lettres, des arts et des sciences, parce qu’il est impossible d’agir sans ;penser, et de penser sans parler, écrire et peindre.
La France , qui a répandu tant de sang généreux sur tous les champs ■■de bataille de l’Europe, la France a eu aussi cette double gloire, et j;tandis qu’elle remportait les victoires des Dunes, de Rocroy , elle crô- |ail le Cid et Aliiulie; elle avait Coude, et Bossuet pour célébrer Coudé . |Napoléon, dans son immense désir d’èlre grand, mais de l’ètre avec la rFrance et par la France , aurait voulu aussi quelle eut sous son gou- ;veruement toutes les couronnes, celles de l’intelligence comme cellesde la force, et ne renonçait pas à produire des littérateurs, des sa-vants, des peintres, comme il produisait des héros. Mais U volontépeut tout chez les hommes, excepté de changer les temps, et les tempspeuvent plus sur le génie des nations que toute la volonté des gouver-nements. Charlemagne, si grand qu’il fût, si épris qu’il se montrât