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UVRE XXVIII.

réuni 20,000 hommes aux Dunes, lesquels, joints aux troupes anglaisesenvoyées à Stralsund , allaient former une année de 27,000 à 28,000hommes sous les murs de Copenhague . Les procédés devaient êtredignes du hut. Profitant de ce que le Danemark avait toutes sestroupes, non dans les îles de Seeland et de Fionie , mais sur la fron-tière du Holstein , on voulait jeter une division navale dans les deuxBells, intercepter ces passages, empêcher ainsi que l’armée danoise nerevînt au secours de Copenhague , puis débarquer 20,000 hommesautour de celte capitale, l’investir, la sommer, et, si elle refusait dese rendre, la bombarder jusqu’à la détruire. Ce plan d’attaque, fondésur le defaut de préparatifs du côté de la mer, et sur la réunion detoutes les forces danoises du coté de la terre, était la complète dé-monstration de la bonne foi du Danemark , et de l’indigne mauvaisefoi du cabinet britannique. Sir Home Popham , fort compromis dansl’insuccès de la tentative sur Bucnos-Ayres, cl fort impatient de seréhabiliter, avait beaucoup contribué à la conception du plan, et con-tribua beaucoup aussi à son exécution.

C’est dans ces circonstances que parvinrent à Londres l’offre de lamédiation russe et la proposition de traiter d’un rapprochement avec laFrance . On était beaucoup trop engagé dans un système d’hostilitésacharnées, beaucoup trop alléché par l’espérance d’une expédition écla-tante, pour écouter aucune proposition pacifique. On résolut donc defaire une réponse évasive, hypocritement calculée, qui, sans interdiretout rapprochement ultérieur, laissât pour le moment la liberté decontinuer l’entreprise commencée. En conséquence, on adressa à laRussie une note, dans laquelle, parodiant l’ancien langage de M. Pitt,on disait comme lui qu’on était tout prêt à la paix, mais quelle avaittoujours manqué par la mauvaise foi de la France , et que, ne voulantpas, après tant de négociations infructueuses, donner dans un nouveaupiège, on désirait savoir sur quelles bases la Russie devenue médiatriceavait mission de traiter. C’était une réponse dilatoire, mais dont lesactes postérieurs allaient fournir une interprétation cruellementnégative.

L’amiral Gambier, commandant la flotte anglaise, et le lieutenantgénéral Cathcart, commandant les troupes de débarquement, mirentà la voile en plusieurs divisions, vers les derniers jours de juillet.L’expédition partie des divers ports de la Manche se composait devingt-cinq vaisseaux de ligne, quarante frégates, trois cent soixante