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LIVRE XXVlil.

sant à celle perfide agression la conduite loyale du Danemark , quin’avait pris aucune précaution contre les Anglais , qui les avait toutesprises contre les Français , ce dont on abusait pour le surprendre,M. Jackson répondit à celte juste indignation avec une insolente fami-liarité, disant que la guerre était la guerre, qu’il fallait se résigner àses nécessités, et céder au plus fort quand on élait le plus faible. Leprince congédia l’agent anglais avec des paroles fort dures, et lui dé-clara qu’il allait se transporter à Copenhague , pour y remplir ses de-voirs de prince et de citoyen danois . Il s’y rendit en cifet, annonçapar une proclamation les dangers dont le pays élait menacé, adressaun appel patriotique à la population, et prescrivit toutes les mesuresque le temps et l'investissement inopiné de l’ile de Secland permet-taient de prendre, investissement qui élait déjà devenu si étroit quele prince avait eu lui-même la plus grande difficulté à traverser lesdeux Belts. Malheureusement les moyens de défense étaient loin derépondre aux besoins à Copenhague , car il y avait à peine S,000 hom-mes de troupes dans la ville, dont 5,000 de troupes de ligne, 2,000de milice assez bien organisée. On y ajouta une garde civique de 3,000à 4,000bourgeois et étudiants. On embossa, comme en 1801, tout cequ’on avait de vieux vaisseaux, en dehors des passes, de manière àcouvrir la ville, du côté de la mer, avec des batteries flottantes. Onabrita soigneusement dans l'intérieur des bassins la flotte, objet de laprédilection et de l’orgueil des Danois ; et enfin, du côté de terre, onéleva des ouvrages à la bâte, car on savait que les Anglais amenaientune armée de débarquement, et de toutes parts on mit en batterie lagrosse artillerie dont les arsenaux danois étaient abondamment pour-vus. Mais si de tels moyens suffisaient à empêcher une prise d’assaut,ils étaient loin de suffire contre le danger d’un bombardement. Il auraitfallu, pour tenir l’ennemi à une distance qui rendit tout bombarde-ment impossible, ou des ouvrages extéri- urs que le Danemark , comp-tant sur la position insulaire de sa capitale, n’avait jamais songé àconstruire, ou une année de ligne que sa loyauté l’avait porté à placersur sa frontière de terre. Quoi qu’il en soit, le prince, après avoir faitles dispositions que comportait l’urgence des circonstances, laissa unbrave militaire, le général Peymann, pour commander la ville deCopenhague , avec ordre de se défendre jusqu’à la dernière extrémité.Comme il existait dans l’étendue même de l’ile de Sceland, et parconséquent en dedans des Doits, une popu'ation assez nombreuse qui