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FONTAINEBLEAU .

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le moment à Constantinople, grâce aux suggestions de l’Autriche et de

I Angleterre), ces misérables Turcs ne me valent pas, et il me sembleque, mis dans la balance avec moi, vous ne devez pas trouver qu’ilspèsent d’un poids égal. Voire maître, sans doute, vous a parlé de cequi s’est passé à Tilsit— » Ici l’empereur se montra curieux et inquiet.

II était impatient de s’ouvrir avec le général Savary sur le sujet quil’intéressait le plus, et en même temps il craignait de commettre uneindiscrétion en s’épanchant avec quelqu’un qui n’aurait pas connu lesecret des choses. Il avait cependant un nouveau motif de s’expliqueravec le représentant de Napoléon. Un armistice venait d’être signéentre les Turcs et les Russes par suite de la médiation française, armis-tice qui stipulait la restitution des vaisseaux pris aux Turcs par l’ami-ral Siniavin, l’interdiction de toute hostilité avant le printemps, et enfinl’évacuation des bords du Danube . Au fond il n'y avait que cette der-nière condition qui touchât l’empereur Alexandre, mais il n’en voulaitpas convenir, et il se plaignait d’une manière générale de l’armisticequ’il imputait à l’intervention peu amicale du ministre de France .« Je ne pensais pas, dit-il au général Savary, aux provinces duDanube ; c’est votre Empereur qui, en recevant la nouvelle de lachute de Selim, s’est écrié à Tilsit : On ne peut rien faire avec cesbarbares! la Providence me dégage envers eux • arrangeons-nousà leurs dépens !... Je suis entré dans cette voie, poursuivit l’em-pereur Alexandre, et M. de Romanzoff avec moi. La nation nousy a suivis, et ce n’est pas trop d’un notable avantage de ce côtépour la rendre favorable à la France. La Finlande , où vous mepressez de marcher, est un désert, dont la possession ne sourit àpersonne, qu’il faut de plus enlever à un ancien allié, à un pa-rent, par une sorte de défection qui blesse la délicatesse nationale,et qui fournit des prétextes aux ennemis de l’alliance. Nous devonsdonc chercher ailleurs des raisons spécieuses de notre brusque revire-ment. Dites tout cela à l’empereur Napoléon ; persuadez-lui bien queje suis beaucoup moins animé du désir de posséder une province deplus, que du désir de rendre solide, agréable à ma nation, une alliancede laquelle j’attends de grandes choses... AU ! répéta l’empereur, sije pouvais aller à Paris en ce moment, tout s’arrangerait en quelquesinstants d’entretien; mais je ne le puis pas avant le mois de mars. »En proférant ces dernières paroles, l’empereur Alexandre questionnaitle général Savary avec une insistance inquiète, pour savoir s’il n’avait