Band 
[7. - 8.]
Seite
153
JPEG-Download
 

FONTAINEBLEAU .

153

nirail aux bouches du Tage les forces qui revenaient de l’expéditionde Copenhague. Dés son arrivée à Paris, Napoléon avait voulu que lesciuq légions de réserve, dont il a été si souvent parlé, cl qui avaientmission de remplacer les camps, chargés de la défense des côtes,fussent complètement organisées, instruites et armées. 11 avait prescritaux cinq sénateurs qui les commandaient de tout disposer pour fairemarcher deux ou trois bataillons sur les six dont elles étaient com-posées. Ayant appris que ces deuxou trois bataillons par chaque légionôtaient prêts, il ordonna de les réunir à Bayonne , de les former entrois divisions sous les généraux Barbou, Vcdel, Malher ; de les com-pléter avec deux bataillons de la garde de Paris , que le retour de cettegarde, aguerrie en Pologne , rendait disponibles, avec quatre bataillonssuisses qui stationnaient les uns à Rennes , les autres à Boulogne et àMarseille , enfin avec le troisième bataillon du 5= léger, en garnison àCherbourg, et le premier du 47” de ligue, en garnison à Grenoble .C’étaient vingt et un ou vingt-deux bataillons, qui allaient partir dusiège de chaque légion, c’est-à-dirc de Rennes, Versailles, Lille, Metz ,Grenoble, et être rendus vers la fin de novembre à Bayonne . Ils devaientformer un corps de 23,000 à 24,000 hommes, suivi de quarantebouches à feu, et (le quelques centaines de cavaliers , sous les ordresde l’un des généraux de division les plus distingués du temps, dugénéral Dupont, illustré à Albeck, Diernstein, Ilall, Friedland, etdestiné par Napoléon à devenir bientôt maréchal. C’était une secondearmée suffisante pour soutenir celle de Junot, quelque importance quepussent acquérir les événements du Portugal . Elle prit le nom dedeuxième corps d’observation de la Gironde , l’année de Junot ayantdéjà reçu le titre de premier corps. Il ne manquait à l’une et à l’autrede ces armées que de la cavalerie. Napoléon leur en prépara une nom-breuse et bonne, à Compiègue, Chartres, Orléans et Tours . 11 avait,comme on doit s’en souvenir, pendant la campagne de Pologne , misautant de soin à entretenir les dépôts de cavalerie que ceux d’infan-terie. Il les avait sans cesse pourvus d’hommes et de chevaux, et ilpouvait en tirer, pour les employer dans le Midi, les renforts que lapaix de Tilsil le dispensait d’envoyer dans le Nord. Il ordonna doncde réunir à Compiègue une brigade de 1,000 hussards, à Chartres unebrigade de 1,200 chasseurs, à Orléans une brigade de '1,5(;0 dragons,et une quatrième de 1,400 cuirassiers à Tours , ce qui formait untotal de 5,000 chevaux tiré des dépôts, et bien assez nombreux