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le commerce du Portugal , si avantageux à l’activité britannique , sicommode à la paresse portugaise , en serait quitte pour une gène mo-mentanée, et que la marine royale anglaise en serait quitte aussi pouraller directement de Portsmouth à Gibraltar sans toucher à Lisbonne .Encore ne manquerait-elle pas, au besoin, de relâcher sur les pointsles moins fréquentés des côtes du Portugal , en prétextant le mauvaistemps ; de quoi la cour de Portugal s’excuserait en alléguant leslois de l’humanité. Si la France n’acceptait pas de telles conditions,la cour de Lisbonne , plutôt que de rompre avec l’Angleterre , étaitrésolue aux dernières extrémités, non pas à une lutte contre lestroupes françaises (elle était incapable de ce noble désespoir), mais àune fuite au delà des mers.
Cette race de Bragance, vieillie comme sa voisine la race des Bour-bons d’Espagne , plongée comme clic dans l’ignorance, la mollesse , lalâcheté, avait pris en aversion et le siècle où se passaient de si effrayantesrévolutiohs , et le sol même de l’Europe qui leur servait de théâtre.Elle allait dans sa honteuse misanthropiejusqu’à vouloir se retirer dansl’Amérique du Sud, dont elle partageait le territoire avec l’Espagne .Les flatteurs de ses vulgaires penchants lui vantaient sans cesse la ri-chesse de ses possessions d’outre-mer, comme on vante à un riche qu’onencourage à se ruiner son patrimoine qu’il ne connaît pas. Ils lui di-saient que ce n’était pas la peine de contester aux oppresseurs de l’Eu-rope le petit sol, tour à tour rocailleux ou sablonneux , du Portugal ,tandis qu’on avait au delà de l’Atlantique un empire magnifique, pres-que aussi grand à lui seul que cette triste Europe qu’un million d’a-vides soldats se disputaient ; empire semé d’or, d’argent, de diamants,où l’on trouverait le repos , sans un seul ennemi à craindre. Fuir lePortugal, en abandonner les stériles rivages aux Anglais et aux Fran-çais , qui les arroseraient de leur sang tant qu’il leur plairait, et lais-ser au peuple portugais , vieux compagnon d’armes des Bragance, lesoin de défendre son indépendance s’il y tenait encore, tels étaient leshonteux projets qui de temps en temps calmaient les terreurs du ré-gent de Portugal et de sa famille. Cependant cette indigne faiblessen’était combattue chez ce prince que par une autre faiblesse, c’est-à-dire par la peine de prendre un grand parti, de se séparer des lieux oùil avait passé sa molle vie, d’armer une flotte, de s’y transporter avecses domestiques, ses courtisans, ses richesses, de s’en alier enfin à tra-vers les mers braver une nouveauté pour en fuir une autre. Entre ces