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FONTAINEBLEAU .

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gi andes fautes, des plus grands malheurs de son règue ! Notre cœur seserre en approchant de ce sinistre récit, car ce n’est pas seulement l’o-rigine des malheurs de l’un des hommes les plus extraordinaires, lesplus séduisants de l’humanité , mais c’est l’origine des malheurs denotre patrie infortunée,entraînée avec son héros dans une chute épou-vantable.

Napoléon ordonna donc à M. de Rayneval de quitter Lisbonne , fitremettre à M. de Lima ses passe-ports, recommanda au général Junot de hâter la marche de scs troupes, et de n’écouter aucune proposi-tion , quelle quelle fût, sous le prétexte qu’il ne devait se mêler enrien de négociations, et qu’il avait pour mission unique de fermer Lis-bonne aux Anglais . L’intention de Napoléon , en faisant marcher sansrelâche et sans rémission sur Lisbonne , était de saisir la flotte portu-gaise, et de confisquer toutes les propriétés anglaises, tant à Lisbonne qu’à Oporlo. Si la cour de Lisbonne prenait la fuite, il tenait à lui en-lever le plus de matériel naval et de valeurs commerciales qu’il pour-rait. Si elle restait, au contraire, en se soumettant à ses exigences, lacapture de la flotte portugaise, le butiu enlevé aux Anglais , le dédom-mageraient de ne pouvoir détruire la maison de Bragance, car il deve-nait impossible de sévir contre une cour soumise et désarmée.

Mais restait à disposer du Portugal , au cas où la maison de Bragances’en irait en Amérique. S’cn emparer pour la France n’était pas ad-missible, même pour un conquérant qui avait déjà constitué des dé-partements français sur le Pô, qui devait en constituer bientôt sur leTibre et sur l'Elbe. Le donner à un des princes de la maison Bonaparte ,qui at tendait encore une couronne, semblait plus raisonnable ; maise’était adopter pour la Péninsule un arrangement qui aurait un carac-tère définitif, et Napoléon de ce côté voulait tout laisser dans un doutequi n’interdit aucune combinaison ultérieure. Depuis quelque tempsune pensée fatale commençait à dominer son esprit. Ayant déjà chasséde leur trône les Bourbons de Naples, il se disait souvent qu’il fau-drait un jour agir de même avec les Bourbons d’Espagne , qui n’étaientpas assez entreprenants pour l’assaillir ouvertement, comme avaientfait ceux de Naples , mais qui au fond lui étaient aussi hostiles ; quiavaient essayé de le trahir la veille d’Iéna ; qui ne manqueraient pasd’en saisir encore la première occasion; qui finiraient peut-être par| en trouver une mortelle pour lui, et qui, lorsqu’ils ne le trahissaientpas d’intention,le trahissaient de fait, en laissant périr dans leurs mains