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FONTAINEBLEAU 103

lui qui ne craignait pas le inonde, il lui témoignait la même amitié,mais plus la même confiance *.

On venait de voir paraître à Fontainebleau un autre personnage,celui-là obscur, rarement admis à l’honneur de figurer en présence deNapoléon, mais aussi rusé, aussi habile qu’aucun agent secret puissel’être : c’était M. Yzquierdo, l’homme de confiance du prince de laPaix, et envoyé à Paris , comme nous l’avons dit plus haut, pour traitersérieusement les affaires que MM. de Masscrano et de Frias ne traitaientque pour la forme. Il était non-seulement chargé des intérêts del’Espagne , mais aussi des intérêts personnels du prince de la Paix,auquel il était fort attaché, en ayant été distingué et apprécié jusqu’àrecevoir de lui les plus importantes missions. Il faisait le mieux qu’ilpouvait les affaires de son pays, et celle d’Emmanuel Godoy ; car, bienque dévoué à ce dernier, il était bon Espagnol . Doué d’une sagacitérare, il avait pressenti que le moment critique approchait pour l’Es-pagne ; car d’une part Napoléon se dégoûtait chaque jour davantaged’une alliée incapable et perfide, et d’autre part, ayant successivementtouché à toutes les questions européennes, il était naturellement con-duit à celle de la Péninsule, et amené aux affaires du Midi, par la con-clusion, du moins apparente, de celles du Nord. Aussi cet agent subtilet insinuant employait-il tous scs efforts pour être informé de ce quise passait dans les conseils de l’Empereur. Il avait trouvé un moyend’y pénétrer par le grand maréchal du palais, Duroc, lequel avaitépousé une dame espagnole, fille de M. d’Hervas, autrefois chargé desaffaires de finances de la cour de Madrid , et depuis devenu marquisd’Almenara et ambassadeur à Constantinople . M. Yzquierdo avaitcul-tivé celte précieuse relation, et cherchait à travers la droiture et ladiscrétion du grand maréchal Duroc, soit à découvrir les desseins deNapoléon, soit à lui faire parvenir des paroles utiles. Il n’avait pasmanqué, à l’occasion du Portugal, de paraître plus souvent à Fontaine-bleau, pour tâcher d’obtenir le résultat leplus avantageux à l’Espagne et à son protecteur.

La cour de Madrid , bien qu’elle sentît tous;ses désirs se réveiller àl’idée d’une opération sur le Portugal , ne voyait pas néanmoins sans

' .te rapporte ici l'assertion du prince Cambacérès lui môme, confirmée par ledire de témoins oculaires, les uns anciens ministres de Napoléon, les autres mem-bres de sa cour, et par de nombreuses correspondances.