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devenu en véalilé une province espagnole. De plus la cour de Madrid ,dans sa fainéantise, dans son abaissement, nourrissait un désir ambi-tieux, c’était d’acquérir un titre qui couvrît ses misères présentes, etelle souhaitait que Charles IV s’appelât uoi des Espagxes et empebeükdes Améiuqoes. Chacun ainsi dans cette cour avilie eût été satisfait.Le favori aurait eu une principauté pour y abriter ses turpitudes ; lareine aurait eu le plaisir de pourvoir son favori et avec lui sa fdlc pré-férée; le roi enfin aurait en passant recueilli un titre pour l’amuse-ment de son imbécile vanité.
Telles étaient les idées que M. Yzquicrdo avait mission de faireagréer à Fontainebleau . De tous les projets possibles, le dernierétait celui qui s’éloignait le moins des vues de Napoléon. Il ne voulaitd’abord, comme nous l’avons dit, d’aucun arrangement qui pût deve-nir définitif. Il n’entendait pas donner purement et simplement lePor-tugal à la cour de Madrid , don qu’elle n’avait pas mérité, et qui l’auraitrelevée aux yeux des Espagnols . Il avait renoncé à l’idée, préconisée parM. de Talleyrand, de prendre pied au delà des Pyrénées par l’acquisi-tion des provinces de l’Ebre . Dès lors il devait préférer, sauf à lemodifier, le projet de morcellement qu’avait apporté M. Yzquicrdo,et qui avait pour le moment les seuls avantages auxquels il aspirât.D’abord Napoléon était résolu à purger l’Italie de tous princes étran-gers, et après en avoir expulsé les Autrichiens il tenait à en écarteraussi les Espagnols , non pas comme dangereux, mais comme incom-modes. On avait donc bien deviné sa véritable pensée, en supposantqu’il chercherait à recouvrer l’Elrurie, au moyen d’un échange contreune portion du Portugal . Ensuite, bien que rempli de mépris pour lefavori qui avilissait et perdait l’Espagne , il tenait à se l'attacher quel-que temps encore, afin de l’avoir à sa disposition dans les différenteséventualités qu’il prévoyait, ou qu’il voulait faire naître. Mais il trou-vait que c’était trop que de donner à la reine d’Etrurie une moitié duPortugal pour prix de la Toscane , et au favori l’autre moitié pour prixde son dévouement. En conséquence, prenant peu de peine pourpersuader des gens auxquels il n’avait qu’a signifier ses volontés, il. dicta à M. de Champagny, le octobre au matin, une note contenantses résolutions définitives 1 . Il accordait à la reine d’Etrurie pour son