LIVRE XXVI11.
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fils un État de 800,000 âmes de population, situé sur le Douro , ayantOporto pour capitale, et devant porter le litre de royaume de laLusitanie septentrionale. A l’autre extrémité du Portugal , dans lapartie méridionale, il accordait au prince de la Paix un État de400,000 âmes de population, composé des Algarves et de l’Alentejo ,sous le titre de principauté des Algarves. Ces deux petits États réunisreprésentaient la population de la Toscane, alors évaluée à 1,200,000âmes. Napoléon n’était pas assez content de l’Espagne pour lui ren-dre plus qu’il ne lui ôtait. Il se réservait le milieu du Portugal , c’est-à-dire Lisbonne, le Tage, le liaut Douro , portant les noms A'Estra-madure Portugaise , de Beira , de T ras-os-Mon les, et comprenantune population de 2,000,000 d’habitants, pour eu disposer à la paix.Cet arrangement tout provisoire lui convenait à merveille, car illaissait toutes choses en suspens, et il offrait ou le moyen de recouvrerplus tard les colonies espagnoles en rendant les deux tiers du Portugal a la maison de Bragance, ou le moyen de faire avec la maison d’Espagne tel partage de territoire qu’on voudrait, si on se décidait à la laisserrégner en se l’attachant par les liens d’un mariage. Dans tous les cas,il était convenu que les nouvelles principautés portugaises seraientconstituées en souverainetés vassales de la couronne d’Espagne , et quele pauvre roi Charles IV s’appellerait, suivant ses désirs, roi des Espa-gnes et empereur des Amériques, et porterait comme Napoléon ledouble titre de Majesté Impériale et Royale.
Outre ces conditions, Napoléon exigeait que l’Espagne joignit auxtroupes françaises une division de 10,000 Espagnols pour envahir laprovince d’Oporto , une de 10,000 à 11,000 pour seconder le mouve-ment des Français sur Lisbonne , et une de 6,000 pour occuper lesAlgarves. Il était entendu que le général Junot commanderait lestroupes françaises et alliées, à moins que le prince de la Paix ou le roiCharles IV ne se rendissent à l’armée ; ce qu’ils avaient promis de nepas faire, car Napoléon n’aurait jamais voulu confier à de tels géné-raux le sort d’un seul de ses soldats. En disposant ainsi du Portugal ,Napoléon recouvrait tout de suite l’Étrurie , ce dont il était pressé pourses arrangements d’Italie , jetait un grossier appât à l’ambition du princede la Paix, ajournait toute résolution à l’égard de la Péninsule, et nedécidait même pas sans retour la question de l’établissement des Bra-gancc en Amérique .
Le traité qui contenait ce partage provisoire du Portugal fut rédigé