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LIVRE XXVIII.
et Cadix pour protéger le cabotage. Ainsi toute la marine espagnole en état d’activité se réduisait à six vaisseaux armés et équipés à Car-thagène (ceux-ci sans une frégate), et à six armés à Cadix , mais nonéquipés. Sur vingt frégates il n’y en avait que quatre armées, et sixcapables de l’être. L’avenir était aussi triste que le présent, car danstoute l’Espagne il n’existait que deux vaisseaux en construction, etplacés depuis si longtemps sur chantier, qu’on ne les croyait pas sus-ceptibles d’achèvement.
Les bois, les fers, les cuivre, les chanvres manquaient au Ferrol , àCadix , à Carthagènc. Ces magnifiques arsenaux, construits sous plu-sieurs règnes, et dignes de la grandeur espagnole par leur étendue au-tant que parleur appropriation à tous les besoins d’une puissante ma-rine, tombaient en ruine. Les ports s’envasaient. La superbe darse deCarlhagèue se remplissait de sable et d'immondices. Les nombreuxcanaux qui mettent le port de Cadix en communication avec les richesplaines de l’Andalousie se comblaient de vase et de débris de bâti-ments. Il y avait de submergé dans ces canaux un vaisseau, le Saint-Gabriel, deux frégates, une corvette, trois grandes gabares, deuxtransports, et quantité d’embarcations. L’un des deux magasins del’arsenal de Cadix , détruit depuis neuf ans par les flammes, n’avaitpas été reconstruit. Les bassins destinés à mettre les vaisseaux à secse perdaient par les infiltrations. Sur deux bassins à Cartliagène, cons-truits depuis cinquante ans, et restés sans réparations, l’un des deux,pour être tenu à sec, avait eu besoin qu’on brûlât le bois de plusieursvaisseaux pour le service de la machine à épuisement. Encore le Saint-Pierre d’Alcantara , qu’on y réparait, avait il failli être submergé. Lescorderies de Cadix et de Cartliagène étaient les plus belles de l’Europe ;mais on n’avait pas meme quelques quintaux de chanvre pour les occu-per. Cependant Séville , Grenade, Valence demandaient avec instancequ’on leur achetât leurs chanvres demeurés sans débit. Les lu très etles chênes de la Vieille-Castille, de la Biscaye, des Asturies , destinésau Ferrol ; les chênes de la Sierra de Ronda, destinés à Cadix ; lesbeaux pins de l’Andalousie, de Murcie, de la Catalogne , destinés àCartliagène et Cadix , abattus sur le sol, y pourrissaient faute de trans-ports pour les amener vers les chantiers où ils devaient être employés.Les matières manquaient non-seulement parce qu’on n’en achetait pas,mais parce qu’on les vendait. Sous prétexte de se débarrasser des ob-jets de rebut, l’administration du port de Cartliagène, pour se procu-