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FONTAINEBLEAU .

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rer de l’argent, et payer quelques appointements, avait vendu les ma-tières les plus précieuses, surtout des métaux. La régie de Carthagène ,chargée d’approvisionner l’escadre, ne trouvait pas de vivres, parcequ’elle était arriérée de 15 millions de réaux avec les fournisseurs. Lesouvriers désertaient, non par trahison, mais par besoin. Sur 5,000 ou-vriers, il en restait à peine 700 à Carthagène . Les uns étaient mortsde l’épidémie qui avait désolé les côtes d’Espagne quelques années aupar-avant, les autres avaient fui à Gibraltar , et allaient manger le pain del’Angleterre en la servant. Ceux de Cadix se voyaient par les mômes cau-ses considérablement diminués en nombre. On leur devait en 1807 neufmois de paye, et ils étaient réduits à tendre la main. Les matelots étaientde même dispersés à l’intérieur ou à l'étranger. Il y en avait à qui il étaitdù vingt-sept mois de solde. Le peu de ressources dont on pouvait dis-poser servait à appointer un état-major qui eut suffi à plusieurs grandesmarines. On comptait dans cet état-major un grand amiral, 2 amiraux,20 vice-amiraux, 05 officiers répondant au grade de contre-amiral,80 capitaines de vaisseau, 154 capitaines de frégate, plus 12 inten-dants, G trésoriers, I l commissaires-ordonnateurs, 74 commissairesde marine, tout cela pour une puissance maritime réduite à trente troisvaisseaux et vingt frégates, sur lesquels six vaisseaux et quatre frégatesseulement armés et équipés ! Voilà où en était arrivée la marine del’une des nations du globe les plus naturellement destinées à la mer,d’une nation insulaire presque autant que les Anglais , ayant de plusbeaux ports que les leurs, tels que le Ferrol, Cadix, Carthagène ; desbois que les Anglais n’ont pas, tels que les chênes de la Vieille-Castille,de Léon, de la Biscaye, des Asturies, de la Ronda, les pins de l’An-dalousie, de Murcie, de Valence, de la Catalogne ; des matières detout genre, telles que les fers des Pyrénées, les cuivres du Mexique etdu Pérou, les chanvres de Valence, Grenade, Séville ; enfin des ouvriershabiles et nombreux, des matelots braves, des officiers capables,comme Gravina, de mourir en héros ! Tous ces faits que nous venonsde rapporter, on les connaissait à peine à Madrid '. Quand on deman-

1 Le gouvernement espagnol ne savait rien, en effet, ou presque rien des détailsque nous rapportons sur l’état de la marine, et de ceux que nous allons rapportersur l’armée et sur les finances. Napoléon en connaissait la plus grande partie parses agents, qui étaient fort nombreux, et fort stimulés par son incessante curio-sité. Mais leurs rapports n’étaient pas la seule source de sesinformations. Lorsque,quelques mois plus tard, il entra en Espagne , les faits relatifs à la marine furentVIII. *