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LIVRE xxvnr.

digne administration qui déshonorait la monarchie. Emmanuel Godoy, jen les excluant, écartait d’honnêtes gens, qu’il redoutait, et donnaitcours à sa haine êi chaque instant croissante contre la France .

Emmanuel Godoy ne se borna pas h cette mesure. Il créa son frèregrand d’Espagne , et le nomma colonel du régiment des gardes espa-gnoles. Enfin il choisit pour lui-même une garde dans les carabiniersroyaux. Toutes ces précautions prises, il fit sonder l’un après l’autre lesmembres du conseil de Castille dont il croyait pouvoir disposer, afinde les préparer h un changement dans l’ordre de successibilité au trône. #Les conseils de Castille et des Indes étaient deux corps qui tempéraientl’autorité absolue des rois d’Espagne , comme les parlements tempé-raient celle des rois de France . Cependant il y avait une différencedans leurs attributions ; car outre une juridiction d’appel qui leur appar- jtenait sur tous les tribunaux du royaume, ils avaient des attributions fadministratives, le conseil de Castille relativement aux affaires inté-rieures du royaume, le conseil des Indes relativement aux vastes affairesdes possessions d’outre-mer. Par une suite séculaire de la confianceroyale, et du besoin qu’a toute royauté de s’entourer d’un certain assen-timent public, aucune grande affaire de la monarchie n’était résolue ;sans prendre l’avis de ces deux conseils. Le prince de la Paix, qui avaitdéjà introduit dans leur seinbon nombre de ses créatures, voulait natu- $Tellement s’assurer leur concours pour ses projets criminels. Mais tout |asservis qu’ils étaient , ils paraissaient peu enclins à se prêter à un |changement dans l’ordre de succession au trône. On continuait toute- |fois à les travailler secrètement, et on pratiquait les mêmes menées |auprès des colonels des régiments. Le langage auprès des uns et des jautres consistait à dire que le prince des Asturies était à la fois inca- |pable et méchant, et qu’à la mort du roi la monarchie ne pouvaittomber sans péril entre des mains aussi malfaisantes qu’inhabiles.

Le prince de la Paix étendait ses intrigues fort au delà de la courd’Espagne. Quoiqu’il détestât la France , pour les conseils importuns etsévères qu’il en recevait, il savait que toute force était en elle, et queles projets auxquels il attachait son salut seraient chimériques s’ilsn’avaient l’appui de Napoléon. Il cherchait donc à se l’assurer par millebassesses, surtout depuis la fameuse proclamation dont le souvenirtroublait son sommeil. Ayant appris que Napoléon, qui aimait àmonter des cheveux espagnols, venait de perdre à la guerre 1 un de jceux que le roi d’Espagne lui avait donnés, il lui en avait offert quatre, \