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FONTAINFliLEAtT.

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simf. Il fut formé autour du prince, <à l’effet de le seconder, un con-seil d’amirauté composé de ses créatures, et malgré la misère publiqueon décida qu’un palais, dit de l’Amirauté, serait édifié pour lui, dansle plus beau quartier de Madrid . Ainsi pour tout bienfait la marinevit créer de nouvelles charges, propres uniquement à aggraver sa dé-tresse.

Ce n’était pas assez de réunir dans les mains du prince de la Paix lecommandement de toutes les forces de la monarchie, on voulut le rendremaître du palais, et en quelque sorte de la personne du roi. On insinuaù celui-ci que son fils dénaturé, détaché de ses parents par les funestesinfluences de la maison de Naples , entouré de sujets perfides, étaitchaque jour plus à craindre; que l’esprit de désordre, particulier ausiècle, seconderait peut-être ses mauvais projets, et qu’il fallait que lapuissante main d’Emmanuel (c’est ainsi que Charles IV le nommaitdans sa confiante amitié) s’étendit sur la demeure royale, pour la pré-server de tout péril. En conséquence le prince fut encore nommécolonel général de la maison militaire du roi. Dès cet instant il com-mandait dans le palais même, et il était le chef de toutes les troupescomposant la garde royale. A peine avait-il reçu ce nouveau titre quicomplétait sa toute puissance, qu’il se hâta de faire subir des réformesaux divers corps de la garde. Il existait, indépendamment de deuxrégiments à pied, l’un dit des gardes espagnoles, l’aulres de gardeswallonnes, lesquels présentaient un effectif de 6,000 hommes, unrégiment de cavalarie qu’on appelait les carabiniers royaux, et ensuiteune troupe d’élite qui était celle des gardes du corps, distribuée enquatre compagnies, l’ espagnole , la flamande , Y italienne , Y améri-caine, rappelant par leurs titres toutes les anciennes dominations espa-gnoles. Ce corps, le plus éclairé de tous, grâce au choix des hommesdont il était composé, et bon juge de ce qui se passait en Espagne ,n’inspirait pas au prince de la Paix une entière confiance. Le princeimagina de le dissoudre, sous prétexte de faire cesser des dénomi-nations qui ne répondaient plus à la réalité des choses, et de le formeren deux compagnies seulement, désignées par les titres de première etseconde. Il profita de l’occasion pour en faire sortir tous les sujets dontil se défiait, et particulièrement beaucoup d’émigrés français , quiavaient cherché asile auprès des Bourbons d’Espagne , et qui, dévouésde corps et dame au bon Charles IV, étaient cependant, à cause deleur meilleure éducation, plus capables que les autres de juger l’in-

s.