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LIVRE XXVIII.

hommages à la cour. Ces signes convenus d’avance ne devaient paslaisser de doute sur la secrète mission que le chanoine Escoïquiz di-sait avoir reçue de Ferdinand. En effet, M. de Beauliarnais, à sa pre-mière visite à l’Escurial, observa le prince avec attention, aperçut lessignes convenus, fut en outre de sa part l’objet des prévenances lesplus marquées, et 11 e put dès lors conserver aucune incertitude sur lamission du chanoine Escoïquiz. Quand il fut rassuré sur ce point, ildifféra encore de l’écouter, jusqu’à ce qu’il eût été autorisé par sa courà s'engager dans de pareilles relations. 11 écrivit alors à Paris une dé-pêche mystérieuse, pour dire qu’un fils innocent, cruellement traité

que je n’oublierai jamais, le bonheur de pouvoir exprimer,, directement et sansrisque, au grand Empereur votre maître, les sentiments si longtemps retenus dansmon cœur. Je profite donc de ce moment heureux pour adresser par vos mainsà S. M. I. et R. la lettre adjointe, et craignant l'importuner par une longueur dé-placée, je n'explique encore qu’à demi ce que je sens d’estime, de respect cl d’af-fection pour son auguste personne, et je vous prie, M. l’ambassadeur, d’y suppléerdans celles que vous aurez l'honneur de lui écrire.

» Vous me faites aussi le plaisir d'ajouter à S. M. I. et R. que je le conjure d’ex-cuser des fautes d'usage, de style, et qui se trouveront dans madite lettre, tantpar égard à ma qualité d’étranger qu'en considération de l’inquiétude et de la gêneavec lesquelles j’ai été obligé de l'écrire, étant, comme vous le savez, entouréjusque dans ma chambre d’espions qui m’observent, et obligé de profiter pour cetravail du peu de moments que je puis dérober à leurs yeux malins. — Comme jeme flatte d’obtenir dans cette affaire la protection de S. M■ I. et R., et qu'en consé -quence les communications deviendront plus nécessaires et plus fréquentes, je chargeladite personne qui a eu cette commission jusqu’ici, de prendre ses mesures de consert avec vous pour la conduire sûrement; et comme jusqu’à présent elle n’a eupour garants de ladite commission que les signes convenus, étant entièrement assuréde sa loyauté, de sa discrétion et de sa prudence, je lui donne, par cette lettre, mespleins et absolus pouvoirs pour traiter celte affaire jusqu’à sa conclusion, et jeratifie tout ce qu’elle dira ou fera sur ce point en mon nom comme si je l’eusse ditou fait moi-même, ce que vous aurez la bonté de faire parvenir à S. M. I. avec lesplus sincères expressions de ma reconnaissance.

0 Vous aurez aussi la bonté de lui dire que si par hasard il arrivait que S. M. I.jugeât, eu quelque temps que ce fût, qu’il était utile que j’envoyasse à sa cour avecle secret convenable quelque personne de confiance pour lui donner sur ma situationdes renseignements plus amples que ceux qu’on peut donner par écrit, ou pour toutautre objet que sa sagesse, jugeât nécessaire, S. M. 1. n’a qu’à vous le mander pourêtre au moment obéie, comme elle le sera en tout ce qui dépendra de moi.

o Je vous renouvelle, monsieur, les assurances de mon estime et de ma grati-tude ; je vous prie de conserver cette lettre comme un témoignage de la perpétuitéde ces sentiments, et je prie Dieu qu’il vous ait en sa sainte garde.

n Écrit et signé de ma propre main et scellé de mon sceau.

» FünDmtBD.

A l’Escnrial, le 11 octobre 1807.