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M. de Bcauharnais était beaucoup trop nouveau dans la professionqu’il exerçail pour ne pas s'effrayer d’une position aussi délicate, car ils’agissait d’accepter des rapports clandestins avec l’héritier de la cou-ronne. Il avait peur d'être trompé par des intrigants, et compromisenvers la cour d’Espagne . Il refusa d’abord d’en croire le chanoineEscoïquiz, et accueillit ses ouvertures avec une froideur capable de dé-courager des gens moins décidés à se faire écouter et comprendre. Maisle chanoine imagina un moyen singulier d’obtenir crédit : ce fut d’é-tablir un échange de signes entre le prince et M. de Bcauharnais,dans les visites que celui-ci faisait à l’Escurial pour y présenter ses
prince recherchait ceux auxquels il s'adresse, et n’était pas recherché par eux.
Voici la dépêche de M. de Champagny à M. de Bcauharnais :
ci Paris , le O septembre 1807.
» M. l’ambassadeur, j’ai reçu votre lettre confidentielle et je m’empresse d’y ré-pondre en n’admettant entre vous et moi aucun intermédiaire. Tous les moyensque vous jugerez convenable d'employer pour me faire connaître, soit les hommesavec qui vous êtes dans le cas de traiter, soit l'état des affaires que vous avez àconduire, me paraîtront tous fort bons lorsqu'ils tendront à me donner plus delumières et d’une manière plus sûre. Vous n’avez rien à redouter de l’emploi queje pourrai faire de vos lettres. La communication aux bureaux, quand elle auralieu, sera toujours sans danger : ils méritent toute confiance, et depuis plusieursannées ils sont gardiens des plus grands intérêts du gouvernement et dépositairesde ses secrets les plus importants. C’est d’ailleurs un des premiers devoirs de toutministre à une cour étrangère de faire connaître à son gouvernement, sans restric-tion, sans réserve, tout ce qu'il voit, tout ce qu’il entend, tout ce qui parvient à saconnaissance. Placé pour voir et pour entendre, pourvu de tous les moyens d'êtreinstruit, ce qu’il apprend n’est pas chose qui lui appartienne : elle est la propriétéde celui dont il est le mandataire. Vous connaissez ce devoir mieux que personne,et c’est sans doute pour le remplir dans toute son étendue que vous désirez multi-plier ces moyens de communication avec moi : je suis loin de m’y opposer.
» Votre lettre confidentielle renferme des choses très-importantes, et tellementimportantes qu’on peut regretter que vous ne les ayez pas présentées avec plus dedétail, et surtout que vous n’ayez pas fa t connaître comment elles vous sont parve-nues. Telle a e'te’la réflexion de l’Empereur lorsque j’ai eu l’honneur de l’en entre-tenir. Quels ont été vos rapports avec le jeune prince dont vous parlez 9 Quelles sontles raisons positives que vous avez de le juger d’une certaine manière? Il solliciteà genouxj dites-vous, la protection de l’Empereur ; comment le savez-vous 9 Est celui qui vous l’a dit9 ou par qui vous l’a-t-il fait dire9 Ces questions vous sont fai tespar l’Empereur, et c’est lui qui a fait la réflexion que j’ai énoncée plus haut qu’unministre ne peut avoir de secrets pour son gouvernement. Ciiaiipagmt. »
Voici la lettre du prince Ferdinand à M. de Beauharnais :
« Vous me permettrez,SI. l’ambassadeur, de vous exprimer toute ma reconnais-sance pour les preuves d’estime et d'affection que vous m’avez données dans la cor-respondance secrète et indirecte que nous avons eue jusqu’à présent par te moyen dela personne que vous savez, qui a toute ma confiance. Je dois enfin à vos bontés, ce