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LIVRE XXVIII - FONTAINEBLEAU.

Dans les emblèmes et inscriptions qui seront faits dans cette occa-sion , il doit être question de ma garde et non de moi , et on doitfaire voir que dans la garde on honore toute la grande armée.

En effet, le 25 novembre, le préfet de la Seine, les maires de Paris se rendirent à la barrière de la Villette, suivis d’une immense affluencede peuple, pour recevoir les héros d’Auslerlitz, d'Iéna, de Friedland.Le maréchal Bessières était à leur tète. Un arc de triomphe avait étéélevé en cet endroit. Lesporte-drapeaux sortirent des rangs, inclinèrentleurs étendards, sur lesquels les magistrats de la capitale posèrent descouronnes d'or portant cette inscription : La ville de Paris à la grandearmée. Puis la garde, forte de 12,000 vieux soldats, hâlés, mutilés,quelques-uns à la barbe déjà grise, défila à travers Paris , suivie de lafoule enthousiaste, qui applaudissait à son triomphe. Un repas abon-dant, servi dans les Champs-Elysées , fut offert à ces 12,000 soldaispar la ville de Paris , qui, dans cette solennité fraternelle et nationale,représentait la France aussi bien que la garde représentait l’armée. Leciel ne favorisa pas la fin de cette journée souvent attristée par lapluie; car il semblait que cette armée, qui dans nos grandeurs et nosfautes n’eût jamais d’autre part que son héroïsme, ne fût pas heureuse.Du milliard décrété par la Convention il n’était resté qu’une fête pro-mise en 1806 à toute l'armée d’Auslerlitz; de cette fêle il restait unefête à la garde, contrariée par le ciel, et privée de la présence de Na-poléon. Mais la gloire de l’armée française pouvait se passer de cespompes frivoles. L’histoire dira que tout le monde en France , de1789 à 1815, mêla des fautes à ses services, tout le monde exceptél’armée ; car tandis qu'on égorgeait des victimes innocentes en 1795,elle défendait le sol ; tandis que Napoléon violait les règles de la pru-dence en 1807 et 1808, elle se bornait à combattre, et toujours, soustous les gouvernements, elle ne savait que se dévouer et mourir pour1 existence ou la grandeur de la France .