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FONTAINEBLEAU . 203

qui, divises entre eux, n’étaient unis que pour invoquer Napoléoncomme ami et comme maître. Persévérant dans ses doutes, commel’Espagne dans ses agitations, Napoléon résolut de profiter de cetinstant de répit pour consacrer quelques jours à l’Italie , et pour mettreordre à beaucoup de grandes affaires qui réclamaient sa présence.D’ailleurs il devait rencontrer en Italie son frère Lucien, se réconcilieravec lui, et recevoir de ses mains une fille, qui pourrait être la prin-cesse destinée à l’Espagne , si le projet moins violent d’unir les deuxmaisons par un mariage l’emportait définitivement. Ces résolutionsprises, il donna des contre-ordres à ses années, non pas pour arrêterleur marche vers l’Espagne , mais pour ralentir la célérité de cettemarche. Il voulut que les troupes du corps des cotes de l’Occan, qui! devaient être transportées en poste à Bordeaux , exécutassent le mêmetrajet à pied, et sans aucune précipitation. 11 enjoignit au général Du-pont de disposer toutes choses pour que le deuxième corps de la■ Gironde put entrer à la fin de novembre en Espagne , et il lui prescri-vit d’aller jusqu’à Yalladolid, sans s'avancer davantage vers le Portugal.

! Il fil partir de Paris son chambellan M. de Tournon , dont il appréciait] le bon sens, avec ordre de se rendre en Espagne , d’observer ce qui s’ypasserait, de bien examiner si le prince des Asturies y avait des parti-sans nombreux, si la vieille cour en conservait encore, avec missionenfin déporter une réponse aux diverses communications de Charles IV .Dans cette réponse pleine de convenance et de générosité, Napoléonconseillait à Charles IV le calme, l’indulgence envers son fils, niaitd’avoir reçu de sa part aucune demandent ne cherchait pas à jeter denouvelles semences de discorde, bien qu’il eût plus d’intérêt à troublerqu’à pacifier l’Espagne .

Cela fait, Napoléon, se doutant qu'il aurait bientôt à reporter sonattention de ce côté, quitta Fontainebleau le 16 novembre, accom-pagné de Murat, des ministres de la marine et de l’intérieur, deMM. Sganzin et de Proni, des directeurs de plusieurs services impor-tants, et se dirigea vers Milan pour y embrasser son fils chéri, le princeEugène de Beauliarnais. Eu parlant il donna des ordres pour la récep-tion triomphale de la garde impériale, qui allait arriver à Paris .

Il désirait être absent de cette solennité, et, s’il était possible, qu’on. n’y pensât pas même à lui. Il voulait qu’on fêtât l’armée, l’aiméeJ seule, en fèiant la garde qui en était l’élite. Aussi, écrivant au ministrede l'intérieur pour lui prescrire les détails de la cérémonie, lui disait-il :

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