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LIVRE XXIX.

cette île. — Réunion des (lottes françaises dans la Méditerranée. — Tentativepour porter 10.000 hommes en Sicile , et un immense approvisionnement àCorfou. — Suite des événements d'Espagne . — Conclusion du procès de l’Es-eurial. — Charles IV , en recevant les réponses évasives de Napoléon, lui adresseune nouvelle lettre pleine de tristesse et de trouble, et lui demande une expli-cation sur l'accumulation des troupes françaises vers les Pyrénées . — Pressé dequestions. Napoléon sent la nécessité d’en finir. — Il arrête enfin ses moyensd’exécution, et se propose, en effrayant la cour d’Espagne , de l’amener à fuircomme la maison de Bragance. — Cette grave entreprise lui rend l’alliance russeplus nécessaire que jamais.— Attitude de M. deTolstoy à Paris . — Ses rap-ports inquiétants à la cour de Russie . — Explication d’Alexandre avec M. deCaulaincourt. — Averti par celui-ci du danger qui menace l’alliance. Napoléonécrit à Alexandre, et consent à mettre en discussion le partage de l'empired’Orient . — Joie d’Alexandre et de M. de Romanzoflf. — Divers plans de par-tage. — Première pensée d'une entrevue à Erfurt. — Invasion de la Finlande .

— Satisfaction à Saint-Pétersbourg . —Napoléon, rassuré sur l'alliance russe,fait scs dispositions pour amener un dénoûment en Espagne dans le courant dumois de mars. — Divers ordres donnés du 20 au 2ü février dans le but d'inti-mider la cour d'Espagne et de la disposer à la fuite. — Choix de Murat pourcommander l'armée française . — Ignorance dans laquelle Napoléon le laisserelativement à ses projets politiques. — Instruction sur la marche des troupes-

— Ordre de surprendre Saint-Sébastien, Pampelune et Barcelonne . — Ce planadopté mettant en danger les colonnies espagnoles, Napoléon parc à ce dangerpar un ordre extraordinaire expédié à l'atniral Rosily. — Entrée de Murat enEspagne. — Accueil qu’il reçoit dans les provinces basques et la Castille . —Caractère de ses provinces.— Entrée à Vittoria et à Burgos —État des troupesfrançaises . — Leur jeunesse, leur dénûment. leurs maladies. — Embarras deMurat, résultant de i'ignorance où il est touchant 1/ but politique de Napoléon.

— Surprises de Barcelonne, de Pampelune et de Saint-Sébastien. — Fâcheuxeffet produit par l’enlèvement de ces places. — Alarmes conçues à Madrid enrecevant les dernières nouvelles de Paris . — Projet définitif de se retirer enAmérique . — Opposition du ministre Caballero à ce plan. — Malgré son oppo-sition, le projet de départ est arrêté. — Ébruilemcnt des préparatifs de voyage,

— Émotion extraordinaire dans la population de Madrid et d’Aranjuez . — Leprince des Asturies, son oncle don Antonio, contraires à toute niée de s’éloi-gner. — Le départ de la cour fixé au lii ou 16 mars. — La population d’Aran-juez et des environs, attirée par la curiosité, la colère et de sourdes menées,s’accumule autour de la résidence royale, et devient effrayante par ses manifes-tations. — La cour est obligée de publier le 16 une proclamation pour démentirles bruits de voyage. — Elle n’en continue pas moins ses préparatifs. — Révo-lution d’Aranjuez dans la nuit du 17 au 18 mars. — Le peuple envahit le palaisdu prince de la Paix, le ruine de fond en comble, et cherche le prince lui-mêmepour l'égorger. — Le roi est obligé de dépouiller Emmanuel Godoy de toutesses dignités —On continue à rechercher le prince lui-même. — Après avoirété caché trente-six heures sous des nattes de jonc, il est découvert au momentoù il sortait de cette retraite. — Quelqu s gardes du corps parviennent à l’arra-cher à la fureur du peuple, et le conduisent à leur caserne, atteint de plusieursblessures — Le prince des Asturies réussit à dissiper la multitude en promet-tant la mise en jugement du prince de la Paix. — Le roi et la reine, effrayés detrois jours de soulèvement, et croyant sauver leur vie et celle du favori en abdi-quant, signent leur abdication dans la journée du 19 mars. — Caractère de larévolution d’Aranjuez .

Tandis que Napoléon, résolu quant au but qu’il poursuivait en Es-pagne, incertain quant aux moyens, se rendait en Italie , plein au restede confiance dans l’immensité de sa puissance, les armées françaises s’avancaient dans la Péninsule, et allaient y faire une première épreuve