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ATÎANJUEZ.

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des légumes el du vin. I/-s soldais étaient pâles, défigurés, et presquelous pieds nus. S’arrêter, c’eût été s’exposer à mourir de faim, sanscompter l’inconvénient de prrdrc un temps précieux. On repartit donclnns l’espoir d’atteindre Abranlès, ville riche et peuplée, située horsle la région des montagnes, dans un pays ouvert et fertile. On y mar-ha sur d ux colonnes : l’une, formée de la première division, par So-hreira Formosa ; l’autre, formée de la deuxième division, par Perdigao.La première avait quatorze lieues à parcourir, quatre ou cinq torrentsi traverser. La pluie les avait tellement grossis qu’on ne pouvait lesranchir sans danger. Les soldats faisaient la chaîne avec leurs fusilspour se défendre contre la violence des eaux. Quelques-uns déhiles ouexténués étaient parfois entraînés. Lesotïicicrs, pleins de dévouement,voulant donner aux plus forts l’exemple de secourir les plus faibles,prenaient eux-mcincs sur leurs épaules les soldats incapables de passer,et les aidaient ainsi à franchir les torrents. Sur la route on trouva nnseul village, celui de Sarccdas, et les soldats mourant de faim le pil-lèrent, malgré les efforts du général en chef pour les en empêcher. Lesoir on n’arriva à Sobreira-Formosa qu'à onze heures, dans un véri-table état de désespoir. Pendant la première heure, il n’y eut qu'unsixième des hommes réunis. On trouva des châtaignes, quelque bé-tail, et on en vécut. La deuxième division, pour se rendre à Perdi-gao, avait essuyé de son côté de cruelles souffrances.

Le reste de la route jusqu’à Abrantès était moins affreux par lesaspérités du sol, mais tout autant par la stérilité et le dénûment.Entin, après des fatigues et des privations inouïes, on arriva le 24 àAbrantès au nombre de 4,000 à 3,000 hommes, pâles, défaits, lespieds en sang, les vêtements déchirés, et avec des fusils hors de ser-vice, car les soldats en avaient fait des bâtons pour s’aider à passer lestorrents ou à gravir les montagnes. Arriver dans cet état au milieud’une ville très-peuplée, c’eût été lui donner la tentation de fermerses portes à de tels assaillants, et de se défendre contre eux rien qu’enles laissant mourir de faim. Mais heureusement les immortelles vic-toires remportées, dans toutes les parties du monde, par les vieuxsoldats de la France , protégeaient nos jeunes Iroupes quelque partqu’elles se trouvassent. Le renom de l’armée française était tel qu’àson approche il n’y avait dans les populations qu’un sentiment, celuide la satisfaire en lui fournissant au plus tôt ce dont elle avait besoin.Si on avait le temps de la connaître, on cessait bientôt de la détester,