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LIVRE XXIX.
Chemin faisant, il avait recueilli une partie de sa parenté, le roi et lareine de Bavière , dont Eugène avait épousé la fille ; sa sœur Élisa,princesse de Lucques et bientôt gouvernante de Toscane ; enfin sonfrère Joseph qu’il n’avait pas vu depuis qu’il l’avait nommé roi de Na-ples, et qu’il chérissait tendrement, malgré de nombreux reproches sursa molle façon de gouverner. À Fusine, petit port sur les lagunes, où ,l’on s’embarque pour se rendre à Venise , les autorités et la populationl’attendaient dans des gondoles richement pavoisées, afin de le conduireau séjour de l’ancienne reine des mers. Ce peuple véuitien, qui se con-solait de ne plus former une république indépendante par la salisfac- |tion d’avoir échappé à des lois tyranniques, par l’espérance d'apparte- jnir bientôt à un vaste royaume qui comprendrait l’Italie toutentière, par la promesse enfin de grands travaux destinés à rendre scseaux navigables, avait déployé pour recevoir Napoléon tout le luxequ'il étalait autrefois quand son doge épousait la mer. D’innombrables •;gondoles brillant de mille couleurs, retentissant du son des instruments, >3escortaient les canots qui portaient, avec le maître du monde, le Jvice-roi et la vice-reine d’Italie, le roi et la reine de Bavière , la prin- |cesse de Lucques, le roi de Naples , le grand-duc de Berg, le prince de gNeuchâtel, et la plupart des généraux de l’ancienne armée d’Italie . 2Après avoir donné aux réceptions le temps nécessaire, Napoléon em- |ploya les jours suivants à parcourir les établissements publics, les |chantiers, l’arsenal, les canaux, accompagné partout de MM. Decrès, fProni, Sganzin. L’examen des lieux terminé, il rendit un décret endouze litres qui embrassait tous les besoins de Venise régénérée. Ilcommença, en vertu de ce décret, par rétablir une quantité de percep-tions abolies depuis la chute de la république, mais justifiées par unelongue expérience, peu onéreuses en elles-mêmes, et indispensablespour suffire aux dépenses d’une existence tout artificielle, car Venise comme la Hollande est une œuvre de l’art plus que la nature. Lesmoyens assurés, il songea à leur emploi. Il organisa d’abord une admi-nistration pour l’entretien des canaux et le creusement des lagunes,décréta ensuite un grand canal pour conduire les bâtiments de l’arsenalà la passe de Malamocco, un bassin pour des vaisseaux de soixante-quatorze, des travaux hydrauliques tant sur la Brenta qui amène leseaux dans les lagunes, que sur les diverses issues par lesquelles elles :se jettent dans l’Adriatique . Il institua en outre un port franc, où le ?commerce pouvait introduire les marchandises avant l’acquittement des j