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AKANJUEZ.

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droits de douanes. Il pourvut à la santé publique en transportant lessépultures des églises dans une île destinée à cet usage; il s’occupades plaisirs du peuple en réparant et faisant éclairer la place deSaint-Marc, éternel objet de l’orgueil et des souvenirs des Vénitiens; ilassura enfin l’existence des marins par la réorganisation de tous lesanciens établissements de bienfaisance. Après avoir répandu ces bien-faits, et reçu en retour mille acclamations, Napoléon partit pourvisiter le Frioul , pour voir les fortifications de Palma-Nova et d’Osopo,qü’il ne cessait de diriger de loin, et qu’il regardait avec Mantoue etAlexandrie comme les gages de la possession de l'Italie . Osopo etPalma-Nova sur l’Izonzo,Peschiera et Mantoue sur leMincio, Alexandrie sur le Tanaro , étaient à ses yeux les échelons d’une résistance presqueinvincible contre les Allemands, si les Italiens mettaient quelque éner-gie à se défendre. Il était venu par Porto-Lcgnago à Mantoue , où ildevait revoir son frère Lucien, pour essayer d’un rapprochement dontil avait le plus vif désir, mais qu’il ne voulait accorder qu’à certainesconditions. M. de Meneval alla pendant la nuit chercher Lucien dansune hôtellerie, et le conduisit au palais qu’occupait Napoléon. Lucien,au lieu de se jeter dans les bras de son frère, l’aborda avec une fiertéfort excusable, puisqu’il était des deux frères celui qui n’avait aucunepuissance, mais poussée peut-être au delà de ce qu'une dignité bienentendue aurait exigé. L’entrevue fut donc pénible et orageuse, maisnon sans résultat utile. Napoléon, au nombre des combinaisons pos-sibles en Espagne , rangeait encore l’union d’une princesse françaiseavec Ferdinand. Dans le moment, en effet, il venait de recevoir lalettre du roi Charles IV , renouvelant la demande d’un mariage; etbien qu’il inclinât vers une résolution plus radicale, cependant il n’ex-cluait pas de ses projets cette espèce de moyen terme. Il voulait doncque Lucien Bonaparte lui donnât une fille qui était issue d’un premiermariage, pour la faire élever auprès de l’impératrice mère, la pénétrerde ses vues, et l’envoyer ensuite en Espagne régénérer la race desBourbons. S’il ne se décidait pas à lui confier ce rôle, il ne manquaitpas d’autres trônes, plus ou moins élevés, sur lesquels il pouvait lafaire monter par le moyen d’une alliance. Quant à Lucien lui-mème,il était disposé à lui conférer la qualité de prince français, à le fairemême roi de Portugal , ce qui l’aurait placé près de sa fille, à conditionde casser son second mariage, eu dédommageant l’épouse ainsi répu-diée par un titre et une riche dotation. Ces arrangements étaient pos-