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LIVRE XXIX.

donné de nouveaux ordres militaires, tendant à augmenter peu à peu |ses forces, tant en deçà qu’au delà des Pyrénées , de manière qu’il pût, Iquelque parti qu’il adoptât, n’avoir qu’une volonté à exprimer, lors- Iqu'il en aurait une. Tout ce qu’il apprenait de l’état de l’Espagne con- 1tribuait à lui persuader que le moment d’une crise était proche; car il *ne semblait plus possible de faire régner le favori, d’inspirer patience fà Ferdinand, et de contenir l’indignation de la nation espagnole. Il hvoulait donc être prêt à profiter d’une occasion, et avoir pour cela dansla Péninsule des forces considérables, sans diminuer ni la grandearmée ni l’armée d’Italie, qui lui servaient l’une et l’autre à maintenirl’Europe dans son alliance ou dans la soumission. Indépendammentde l’armée du général Junot, nécessaire au Portugal , il avait préparé, jcomme on l’a vu, deux autres corps, celui du général Dupont et celui |du maréchal Moncey, et il ne jugeait pas que ce fût assez. Il considé- 5rail que ces deux corps dirigés sur la route de Burgos et de Valladolid ,sous le prétexte du Portugal , pouvant par un mouvement à gauche seporter sur Madrid , tiendraient en respect la capitale et les deux Cas-tilles. Mais la Navarre, l’Aragon, la Catalogne , provinces si impor-tantes en elles-mêmes, et par leur esprit, et par leur position, et parles places qu’elles contenaient, lui semblaient devoir être occupées,sinon par des forces qui s’y transporteraient immédiatement, du moinspar des forces qui seraient toutes prêtes à y entrer. Il voulait donc |avoir deux divisions préparées ; l’une qui, placée près de Saint-Jean- jPied-dc-Port, pourrait, sous un prétexte quelconque, se jeter sur >Pampelune; l’autre qui, rêunieà Perpignan , pourrait également entrer ià Barcelone , et s’emparer de cet te ville ainsi que des forts qui la dominent.Maître de Pampelune et des forts de Barcelone , Napoléon avait deuxbases solides pour les armées qui auraient à s’avancer sur Madrid . Tou-tefois, bien que la crise lui semblât imminente à PEscurial, il ne voulait. Jni la précipiter, ni prendre trop ostensiblement le rôle d’envahisseur, en |portant des troupes ailleurs que sur la route de Burgos , Valladolid, Sa- |lamanque, qui était celle du Portugal . La réunion probable des troupes janglaises sur les côtes de la Péninsule ne pouvait manquer de lui four- |nir plus tard des motifs spécieux d’introduire de nouvelles forces dans |l’intérieur de l Espagne . En attendant, il lui suffisait de les tenirréunies sur la frontière. L’armée du général Junot, composée des an-ciens camps de la Bretagne , avait laissé quelques bataillons de dépôt,dont on pouvait former une division de trois à quatre mille hommes,