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LIVRE XXIX.
Irois, vota l’érectiou à ses frais d’un monument qui devait perpétuerla mémoire des bienfaits dont Napoléon avait comblé l’Italie .
Ces opérations terminées, Napoléon partit pour le Piémont , visitala grande place d’Alexandrie , complimenta sur les lieux mêmes le gé-néral Chasseloup, chargé de la construction de cette place, puis serendit à Turin , où il accorda de nouveaux avantages à ces provii.cesdevenues françaises. Afin de rattacher la Ligurie au Piémont , il dé-créta un canal qui, s’embouchant dans la mer à Savonc, et traversantl’Apennin dans sa partie la plus abaissée, pour gagner la Bormida àCarcare, devait joindre le Pô et la Méditerranée. Il ordonna le perfec-tionnement de la navigation d’Alexandrie au Pô , de manière que lesbateaux pussent y passer en tout temps. Il fit rectifier en quelquespoints la grande route d’Alexandrie à Savone , et voulut qu’elle fûtmise en communication avec la route de Turin par un embranchementde Carcare Ceva. Il décida l’ouverture de la grande roule du montGcnèvre, par Briançon, Feneslrelle et Pignerol , laquelle jointe à celledu mont Ceuis devait compléter les communications de la France avecle Piémont par les Alpes Cottiennes . Il décréta aussi la constructionde divers ponts : un en pierre sur le Pô, à Turin ; un autre en pierresur la Doire ; un en bois sur la Sesia, à Verceil ; un en bois sur la Bor-mida, entre Alexandrie etTortone ; trois enfin d’importance moindre,également en bois, sur trois torrents qui coulent entre Turin et Ver-ceil. Il eut soin en même temps d’assurer des moyens financiers poursufiire à ces vastes travaux, car il n’était pas de ceux qui ordonnent descréations nouvelles sans s’inquiéter des charges qui en peuvent résulter.Un restant dû par les acquéreurs de domaines nationaux, le produitdes domaines engagés, un prélèvement sur le monopole du sel, devaientpourvoir à ces utiles dépenses.
Napoléon quitta Turin accompagné par les acclamations des peu-ples reconnaissants, et arriva à Paris le 1 er janvier 1808, fort avantdans la journée, mais assez à temps pour y recevoir les hommages dela cour, des autorités publiques et des Parisiens . Son retour dans lacapitale de l’Empire allait être le signal des plus graves déterminationsde son règne. Il fallait en effet prendre un parti à l’égard de l’Espagne ,car on ne pouvait différer davantage de répondre à Charles IV . Ilfallait en prendre un aussi à l’égard de la cour de Rome, avec la-quelle les relations devenaient chaque jour plus difficiles. Napoléonallait ainsi se heurter aux deux plus vieux, aux deux plus redoutables