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voulu rouvrir à son profit. Mais on achetait cet avantage au prix d’unredoublement de violence, qui devait bientôt fatiguer la France et sesalliés autant que l’Angleterre elle-même.
Sauf cette courte diversion, Napoléon donna tout le temps qui luirestait à l’administration du royaume d’Italie. Conformément à la con-vocation qu’ils avaient reçue, les trois collèges des Possidenti, desCommercianti et des Dotli se réunirent à Milan vers la fin de décembre,pour entendre la communication de plusieurs actes essentiels 1 . Par lepremier de ces actes, Napoléon adoptait officiellement comme son filsle prince Eugène de Bcauharnais. Par le second, il précisait les consé-quences de cette adoption, en assurant au prince Eugène la successionde la couronne d’Italie , et en restreignant à cette couronne seule sondroit d’hériter, ce qui excluait la possibilité de succéder un jour à cellede France . Après avoir établi scs frères et ses sœurs, il était naturelque Napoléon satisfit à la plus vive peut-être de ses affections, à celleque lui inspiraient les enfants de l’impératrice Joséphine, et surtoutEugène de Beauharnais, qui le servait en Italie avec modestie, sagesseet dévouement. Ce prince était fort estimé des Italiens, qui n’avaientjamais vécu sous un gouvernement aussi doux et aussi éclairé, et qui,depuis deux ans, se reposaient dans une tranquille paix des horreursde la guerre.
La couronne d’Italie restant pour le présent unie à celle de la France ,et Eugène de Beauharnais n’en étant encore que l'héritier présomptif,avec la qualité de vice-roi, Napoléon voulut qui! s’appelât prince deVenise , titre que devaient porter désormais les héritiers présomptifsdu royaume d’Italie. Il créa le titre de princesse de Bologne pour latille qu’Eugène venait d’avoir de son mariage avec la princesse Augustede Bavière. Enfin, désirant donner au duc de Melzi , l'ancien vice-président de la république italienne, une nouvelle marque de faveur,il le nomma duc de Lodi, litre emprunté à l’un des faits d’armeséclatants de nos premières campagnes. 11 s’occupa ensuite de modifiersur quelques points la constitution du royaume, constitution qui étaitpeu importante en elle-même, la volonté de Napoléon faisant tout enItalie ; ce qu’il ne fallait pas regretter pour le moment, car, sauf lesexigences naissant de la guerre générale, cette volonté n’y poursuivait,n’y réalisait que le bien. Le collège des Possidenti, le plus riche des
Ces décrets furent signés le 20 décembre tt’07.
( F. W. )