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LIVKE XXIX.
desseins; qu’en un mot, ce qu’il voulait faire en Espagne était la der-nière conséquence à tirer de ses victoires, l’établissement définitif desa famille , l’entier accomplissement de ses destinées.
Toutefois, en janvier 1808, au retour d’Italie , même après le pro-cès de l’Escurial, le parti de Napoléon n’était pas irrévocablement pris,et il revenait quelquefois à l’idée de s’en tenir à un mariage qui rap-procherait les deux maisons, lorsqu’un incident de famille fit naîtrepour cette combinaison une sorte d’impossibilité matérielle. Napoléon avait, comme nous venons de le dire, appelé à Paris la fille issue dupremier mariage de Lucien, qu’on lui avait envoyée pour ne pas rendrecette enfant victime des querelles de ses parents. Mais par malheurcette jeune tille élevée dans l’exil, entendant souvent des plaintesamères contre la toute-puissante famille qui se partageait les trônes del’Europe , sans songer à un frère éloigné et méconnu, cette jeune fillen’apportait point à Paris les sentiments qu’on aurait pu désirer d’elle.Etablie près de son aïeule l’impératrice mère, qui lui prodiguait scssoins, elle trouvait cependant chez elle une sévérité, chez ses tantes unenégligence, qui ne devaient pas la ramener à ceux qu’on l’avait ensei-gnée à craindre plusqua aimer. Aussi épanchait-elle, dans sa corres-pondance avec ses parents d’Italie , les sentiments chagrins quelleéprouvait. Napoléon qui, dans la supposition où il l’enverrait partagerle trône d’Espagne , voulait savoir si elle y apporterait les dispositionsqui convenaient à sa politique, la faisait observer avec soin, et avaitordonné qu’on lût sa correspondance à la poste. Elle était à peine ar-rivée à Paris qu’on saisit des lettres dans lesquelles elle rapportait sursa grand’mère, ses tantes, son oncle Napoléon , des bruits peu favo-rables à la famille impériale. Quand on remit ces lettres à Napoléon ,il en sourit malignement, et il convoqua sur-le-champ aux Tuileries samère, ses frères et ses sœurs, et fil lire eu assemblée de famille leslettres qu’on avait interceptées. Il s’égaya fort de la colère excitée chezles témoins de cette scène, tous assez maltraités dans cette correspon-dance; puis, passant d’une gaieté ironique à une froide sévérité, ilexigea le renvoi sous vingt-quatre heures de sa jeune nièce, qui futdès le lendemain acheminée vers l’Italie . Il ne restait donc plus deprincesse de la maison Bonaparte à donnera l’Espagne ; car mademoi-selle de Tascher , récemment admise dans la famille impériale, n’euétait pas *. Napoléon venait d’adopter cette jeune personne, nièce de1 Madame la duchesse d’Abrantès, dans dis Mémoires qui révèlent une personne