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ARANJUEZ .

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pliait à ramoner Napoléon de la voie fatale où il l’avait poussé. Maievelui-ci, qui jugeait sainement ce plan, parce qu’il n’y avait pas goût,y voyait autant de danger à braver qu’eu adoptant le dernier ; car en-lever aux Espagnols Pampelune, Saragosse, Barcelone , était aussi diffi-cile à ses yeux que de leur enlever une dynastie avilie. Il en revenaitdonc toujours et irrésistiblement à l’idée d’expulser les Bourbons dudernier tronc qui leur restât en Europe , et se disait qu’il fallait profi-ter du moment où il était tout-puissant sur le continent, où l’Angle-terre venait de tout autoriser par sa conduite à Copenhague , où ilétait jeuue, victorieux, obéi, servi par la fortune, pour achever sonsystème par un grand coup frappé sur la dynastie espagnole ; aprèsquoi, lui, l’année, la France, l’Occident , se reposeraient, éblouis desa gloire, satisfaits de l’ordre qu’il aurait établi, des sages réformesqu’il aurait opérées. 11 se disait encore que la difficulté, apres tout, nepouvait pas surpasser beaucoup celle qu’on avait rencontrée dans leroyaume de Naples; qu’en supposant les Espagnols aussi énergiquesque les brigands des Calabres , il suffirait de tripler ou de quadruplerl’étendue des Calabres, et, au lieu de23,001) Français , d’en imaginer100,000, pour se faire une idée des obstacles à vaincre ; que ses jeunessoldats , qui avaient prouvé partout qu’ils valaient les meilleurestroupes européennes, réussiraient certainement à vaincre des Espa-gnols dégénérés, et qu’en faisant passer une conscription de plus dansles dépôts, il aurait, et au delà, les 100,000 conscrits nécessaires àcette nouvelle entreprise ; que la grande armée resterait intacte entrel'Oder et la Vistule pour contenir l’Europe; que d’ailleurs la Finlande abandonnée à la Russie, la Moldavie et la Valachie promises, lui assu-reraient le concours de F empereur Alexandre à l’achèvement de ses

tenu depuis qu’il u'avait pas été d’avis de ce qui s’était fait à cette époque. Il avaitseul engagé Napoléon à changer l’état des choses dans la Péninsule, ce qui rendaitpresque inévitable le détrônement des Bourbons : ce fait est prouvé par des docu-ments authentiques; mais, à la vérité, les dépêches dans lesquelles M. de Talley-rand rend compte de ses négociations avec M. Yzquierdo prouvent qu’il préféraitun mariage avec Ferdinand, et l’acquisition des provinces del'Èbre, au parti plusdécisif du renversement des Bourbons. C’est en appuyant sur cette équivoque queM. de Tallcyrand disait qu’il n’avait pas approuvé l’entreprise contre l’Espagne .Il n’en avait pas moins poussé Napoléon à cette entreprise, quand les hommes lesplus dignes de confiance, tels que l’archichancelier Cambacérès , auraient voulul’en éloigner, et, après l’y avoir poussé, la préférence donnée à ia plus mauvaisedes trois solutions possibles u’est pas une manière valable de dégager sa respon-sabilité.