AKANJUEZ.
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était mouillée à Cadix pouvait être le motif de cette expédition. Si, dureste, on doutait à quelque degré, soit à la cour, soit dans le pays, dubut allégué, il devait en résulter tout au plus un redoublement d’é-motion, que Napoléon ne regrettait pas, puisqu’il voulait amener,sinon tout de suite, du moins prochainement, la fuite de la familleroyale.
Napoléon trouvait trop d’avanlage à avoir ses dépôts toujours pleins,au moyen de conscrits appelés à l’avance, et instruits douze ouquinze mois avant d’être employés, pour ne pas persévérer dans lesystème de conscription anticipée, surtout dans un moment où il vou-lait former sur le littoral européen des camps nombreux à côté de sesflottes. En conséquence, après avoir demandé au printemps de 1807la conscription de 1808, il voulut dès l’hiver de 1808 demander laconscription de 1809. Cette demande lui fournissait d’ailleurs l’oc.casion d’une communication au Sénat , et d’une explication spécieusepour l’immense rassemblement de troupes qui s’opérait au pied desPyrénées. Le Sénat fut donc réuni le 21 janvier, pour entendre unrapport sur les négociations avec le Portugal et sur la résolutionarrêtée, déjà même exécutée, d’envahir le patrimoine de la maisonde Bragance. On en prenait texte pour développer le système d’occu-pation de toutes les côtes du continent, afin de répondre au blocusmaritime par le blocus continental. La conscription de 1808, disaitM. Regnaud de Saint.-Jean-d’Angély, auteur du rapport présenté auSénat , avait été le signal et le moyen de la paix continentale, signée àTilsit ; la conscription de 1809 serait le signal de la paix maritime.Celle ci malheureusement restait à signer dans un lieu que personnene connaissait et ne pouvait dire. La promesse de n’employer quedans les dépôts les jeunes conscrits appelés un an d’avance était en-core renouvelée cette fois, pour atténuer l’effet moral de ces appelsanticipés. Un autre rapport annonçait la réunion à l’Empire, par suitede traités antérieurs, de Kehl, Casscl, Wesel et Flessingue : Kehl etCassel, comine annexes indispensables aux places de Strasbourg etMayence; Wesel , comme un point de haute importance sur le coursinférieur du Rhin; Flessingue enfin, comme le port d’un établissementmaritime dont Anvers était le chantier. Cette dernière communica-tion amenait à une profession de foi impériale sur le désintéressementde la France, qui ayant tenu dans scs mains l’Autriche, l’Allemagne ,la Prusse, la Pologue, n’avait rien gardé pour elle-même, et se cou-