ARANJCEZ.
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lement une plus grande réunion d’individus, ont été dans lestemps modernes la base de l'organisation militaire. Avec plusieursrégiments on a formé la brigade , avec plusieurs brigades la division ;avec plusieurs divisions l’armée. Généralement on a laissé sur lafrontière un bataillon, dit bataillon de dépôt, dans lequel on apris l’habitude de réunir les hommes faibles, convalescents, nonencore instruits, avec les officiers les moins capables d’un serviceactif, pour offrir à la fois un lieu de repos et d’instruction, et fournirau recrutement des bataillons de guerre. C’est en maniant cette orga-nisation avec un art profond que Napoléon avait su créer ces arméesqui, parties du Rhin, quelquefois de l’Adige ou"du Volturne , allaientcombattre et vaincre sur la Vistule ou le Niémen . Le soin constantdes dépôts avait été la secrète cause de ses succès, autant que songénie des combats. Maintenant son art allait se compliquer, sa sollici-tude s’étendre, à mesure que ces dépôts, placés sur le Pô et sur le Rhin ,ayant déjà envoyé des détachements aux armées de Prusse et de Pologne ,devaient en envoyer encore aux armées d’Espagne, de Portugal , d’Il-lyrie. Suivre de l’œil cent seize régiments français d’infanterie, quatre-vingtsdecavalerie,desquels on avaittiré un nombre considérable de corpsprovisoires, plus la garde impériale, les Suisses, les Polonais, les Italiens ,les Irlandais, les auxiliaires, allemands et espagnols; suivre de l’œil lerégiment et ses détachements en tout pays, en diriger la formation,l’instruction, le placement, de manière à assurer le meilleur emploi dechacun, et à prévenir la désorganisation qui pouvait naître delà disloca-tion des parties, car un régiment dont le dépôt était sur le Rhin avaitquelquefois des bataillons en Pologne, en Allemagne, en Espagne , enPortugal , tout cela exigeait une attention difficile, et singulièrementfatigante même pour le plus infatigable de tous les genies. Napoléonimagina donc soixante légions, au lieu de cent vingt régiments, com-posées chacune de huit bataillons de guerre, commandées par unmaréchal de camp, plusieurs colonels et lieutenanls-colonels, pouvantfournir des bataillons de guerre eu Pologne, en Italie, en Espagne , etayant un seul dépôt auquel se rapporteraient tous les détachementsqu’on en aurait tirés. C’était dénaturer le régiment, base plus juste,avons-nous dit, puisqu’elle a pour mesure la force physique du chef debataillon et la force morale du colonel, et lui substituer une nouvellecomposition entièrement arbitraire, pour la commodité d’une positionunique, unique comme le génie et la fortune de Napoléon; car,