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LIVRE XXIX.
Jérôme, consomme sans aucune formalité, et avait consenti tout auplus, après l’annulation prononcée par l’autorité ecclésiastique fran-çaise , à fermer les yeux sur celte annulation. Il avait refusé de recon-naître Joseph comme roi de Naples, reçu à Rome les cardinaux napo-litains récalcitrants, et donné asile dans les faubourgs de cette capitaleà tous les brigands qui égorgeaient les Français . Il avait gardé auprèsde lui le consul du roi de Naples détrôné, prétendant que ce roi, retiréen Sicile, était au moins souverain de Sicile , et pouvait par conséquentse faire représenter à Rome. Il n’avait pas consenti à exclure les An-glais du territoire des États romains, disant qu’il était souverain indé-pendant, qu’à ce titre il pouvait être en paix ou en guerre avec qui ilvoulait.; et il ajoutait qu’en sa qualité de chef de la chrétienté il ne de-vait se mettre en guerre avec aucune des puissances chrétiennes,mêmenon catholiques. 11 faisait attendre l’institution canonique des évêques,exigeait un voyage à Rome de la part des évêques italiens , contestaitl’extension du concordat français aux provinces italiennes devenuesfrançaises, telles que la Ligurie ou le Piémont , et l’extension du con-cordat italien aux provinces vénitiennes, annexées les dernières auroyaume d’Italie . Enfin il ne se prêtait à aucun des arrangements pro-posés pour la nouvelle Église allemande, et sur tout sujet, quel qu’ilfût, opposait les difficultés naturelles qui en naissaient, ou créaitvolontairement celles qui n’existaient, pas. Napoléon recueillait, ainsi leprix de sa négligence à contenter la cour de Rome, qu’il aurait pumaintenir dans les meilleures dispositions, moyennant quelques sacri-fices de territoire qui lui eussent été faciles ; car, sans toucher auxroyaumes de Lombardie et de Naples, il avait Parme , Plaisance, laToscane, pour arrondir le domaine du Saint-Siège . Il est vrai que sonimpérieuse volonté de soumettre l’Italie entière à son régime de guerrecontre les Anglais eût été dans tous les cas une difficulté grave. Maisil eût été certainement possible, sous la forme d’un traité d’allianceoffensive et défensive, d’obtenir du Pape satisfait son adhésion à toutesles conditions de guerre qu’on voulait imposer à l’Italie .
Ne tenant aucun compte des motifs qui lui avaient aliéné le Saint-Père, Napoléon lui faisait dire : « Vous êtes souverain de Rome , ilest vrai, mais contenu dans l’Empire français ; vous êtes pape, je suisempereur, empereur comme l’étaient les empereurs germaniques,commel’était plus anciennement Charlemagne ; et je suis pour vous Charle-magne à plus d’un titre, à litre de puissance, à titre de bienfait. Vous