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ARANJUEZ .

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et mâles sentiments du grand homme qui l’avait conçu. L’aigle du ré-giment, objet du respect, de l’amour, du dévouement des soldats, carc’est leur honneur, devait être là où se trouverait le plus grand nombrede bataillons, et être confiée à un porte-aigle, qui aurait grade, rang,paye de lieutenant, qui compterait dix années de service, ou auraitfiguré aux campagnes d Ulm,d’Austerlitz, d'Iéna, de Friedland. Acôléde lui devaient être placés, à titre de second et troisième porte-aigle,avec rang de sergent et paye de sergent-major, deux vieux soldats,ayant assisté aux grandes batailles, et n’ayant pu avoir d’avancementcomme illettrés. C’était une digne façon d’employer et de récompenserde braves gens, chez lesquels l’intelligence n’égalait pas le cœur. Toutdans l’État recevait, comme on le voit, i’influence du génie immodéréde Napoléon et l’empreinte de sa grande âme.

Exalté par le sentiment de sa puissance, se croyant tout permis de-puis que l’Angleterre se permettait tout à elle même, considérant laguerre continentale comme terminée, cl la prolongation de la guerremaritime comme un délai utile à l’achcvement de ses desseins, Napoléon était résolu à briser tous les obstacles qui contrariaient sa volonté.Tandis qu’il donnait les ordres que nous venons de rapporter pourfaire entrer la Péninsule espagnole dans le système de son Empire, ilen donnait d’à peu près semblables pour faire entrer dans le mêmesystème la Péninsule italienne, et pour en finir, d’une part, avec lasouveraineté du Pape, qui le gênait au centre de l’Italie ; de l’autre,avec celle des Bourbons de Naples, qui le bravait du milieu de file deSicile .

On a vu comment le refus de rendre les Légations au Saint-Siège après le sacre, puis la conquête du royaume de Naples , qui achevait defaire des États romains une simple enclave de l’Empire français , avaientsuccessivement mécontenté Pie Vil, et converti sa douceur ordinaire enirritation continue, quelquefois violente, contre Napoléon , que ce-pendant il aimait. La privation des principautés de Bénévent et de Ponte-Gorvo, données à M. de Talleyrand et au maréchal Bernadotte , l’occu-pation d’Ancône, les passages continuels de troupes françaises , avaientmis le comble aux déplaisirs et à l’exaspération du Saint-Père. Aussi nevoulait-il adhérer à aucune des demandes de la France , et les reje-tait-il toutes, les unes par des raisons spécieuses, les autres par desraisons qui ne l’étaient pas, et qu’il ne prenait pas la peine de rendretelles. Il avait refusé d’abord de casser le premier mariage du prince