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LIVRE XXIX.
Anglais tenaient en Sicile , et celles qu’ils avaient ramenées battuesd’Alexandrie. Il ne restait pas en Sicile pour conserver ce débris de sacouronne à leur infortunée victime, la reine Caroline, plus de 7,000 à8,000 hommes. C’était le cas de préparer une expédition contre celleIle , et de profiter de la réunion des flottes françaises dans la Méditer-ranée pour transporter cette expédition. Napoléon avait ordonné àl’amiral Rosily, commandant la flotte française de Cadix , à l’amiralAllemand, commandant la belle division de Rochefort,de lever l’ancreà la première occasion favorable, et de faire leur jonction avec la divi-sion de Toulon . Il avait obtenu qu’on donnât le même ordre à la divi-sion espagnole de Carthagène, commandée par l’amiral Valdès, ordreexécuté avec assez de ponctualité depuis que le gouvernement espa-gnol se montrait si soumis, et il s’attendait à avoir vingt et quelquesvaisseaux à Toulon sous l’amiral Ganteaume , si toutes ces réunionss’opéraient heureusement. Avec une seule de ces réunions, celle del’escadre de Rochefort, l’une des plus probables à cause du point dedépart, et la plus désirable à cause de la qualité des équipages et ducommandant, il en avait assez pour transporter une armée en Sicile ,et pour ravitailler Corfou , second objet, et non pas le moins important,de l’expédition. Il ordonna donc à l’amiral Ganteaume de réunir àToulon , et d’embarquer sur la division déjà réunie en ce port, unemasse considérable de munitions de tout genre, telles que blé, biscuit,poudre, projectiles, affûts, outils, afin de déposer ce chargement àCorfou, quel que fût le succès de l’opération contre la Sicile . 11 enjoignità Joseph de rassembler à Baies 8,000 ou 9,000 hommes avec leurarmement complet, et à Scylla, vis-à-vis le Phare, 7,000 ou 8,000autres, avec beaucoup de felouques et d’embarcations propres à tra-verser le très-petit bras de mer qui sépare la Sicile de la Calabre . Ilvoulait que tout lut prêt de manière que l’amiral Ganteaume , parti deToulon et arrivé devant Baïes, put embarquer les 8,000 ou 9,000hommes concentrés sur ce point, les transporter en vingt-quatreheures au nord du Phare, où viendraient aboutir de leur côté les 7,000ou 8,000 autres assemblés à Scylla, et embarqués sur les petits bâti-ments qu’on se serait procurés. On devait, avec ces 15,000 ou 16,000hommes, enlever le Phare, le charger d’artillerie, armer également lefort de Scylla, et, ces deux points qui fermaient le détroit acquis auxFrançais , se rendre maître à toujours du passage. Un tel résultatobtenu, il n’y avait plus un soldat anglais qui osât rester en Sicile .