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SGG

LIVitE XXIX.

des mers quou doit ia facilité de s’éviter ; mais, dans le resserrementd’un détroit, et à portée d’un poste comme Gibrallar, il était presqueimpossible de tromper l’ennemi, et de lui échapper. La mer entre lacôte d’Espagne et celle d’Afrique était couverte de petits bâtimentsmontant la garde pour la flotte anglaise, qui se tenait au large afin dedonner à l’amiral ltosily la tentation de sortir. Mais, aussitôt que ce-lui-ci appareillait., on voyait reparaître tout entière l’armée navale del’ennemie. La division Rosily était parfaitement armée, grâce aux res-sources du port de Cadix, abondantes pour le gouvernement français qui payait bien, nulles pour le gouvernement espagnol qui ne payaitpas. Elle était de plus composée d’équipages excellents, qui avaientnavigué et soutenu la plus grande bataille navale du siècle, celle deTrafalgar. L’amiral Rosily, vieux marin, expérimenté autant que brave,n’aurait pas été embarrassé de combattre une division anglaise, mêmesupérieure en forces à la sienne ; cependant, avec six vaisseaux et deuxou trois frégates, il ne pouvait braver douze ou quinze vaisseaux etune multitude de frégates, saus s’exposer à un nouveau désastre.Aussi, quoiqu il eût l’ordre de sortir depuis septembre 1807, il n’yavait pas encore réussi en février 1808.

Le conn e-amiral Allemand, l’officier de mer le plus hardi que laFrance efil alors, surtout comme navigateur, se trouvait aussi fortétroitement bloqué à Rochefort, et le revers essuyé par les frégates ducapitaine Soleil en offrait la preuve. Mais une fois hors des pertuis parune sortie audacieuse, l’Océan s’ouvrait devant lui, et avec des équi-pages excellents, de bons vaisseaux, et sa hardiesse en mer, il avaitbien des chances pour échapper aux Anglais . Plusieurs fois il appareilla,et plusieurs fois il vit l’ennemi accourir en tel nombre qu’échapperétait impossible. Un jour cependant, le 17 janvier 1808, favorisé parun gros temps, il mit à la voile, sortit sans être aperça, plongea dansle golfe de Gascogne, doubla heureusement le cap Ortegal, contournatoute l’Espagne, arriva en vue du resserrement des côtes d’Europe etd’Afrique , et, par une nuit obscure et un vent affreux de l’ouest, sejeta hardiment dans ce détroit, si bien gardé, que l’amiral Rosily nepouvait y paraître sans qu’il se couvrit de voiles anglaises. Il y a long-temps qu’on a dit que la fortune seconde les audacieux ; cette fois dumoins elle n’y manqua pas, et en peu d’heures l’amiral Allemand setrouvait avec toute sa division en pleine Méditerranée, ayant passédevant Gibraltar et Ceuta sans être aperçu. Le 3 février il paraissait