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d'un archiduc. Dans ce syslème, les Turcs conservaient la partie essen-tielle de leurs provinces d’Europe , celles que la géographie et la naturedes populations leur ont jusqu’ici assez bien assurées, c’est-à-dire lesud des Balkans , les deux détroits, Constantinople , et tout l’empired’Asie . On ne leur enlevait que les provinces qu’ils ne pouvaient plusgouverner, la Moldavie, la Valachie , auxquelles il avait fallu déjà con-céder une sorte d’indépendance- la Servie, qui cherchait alors à s’af-franchir par lcsannes ; l’Épirc, qui appartenait à Ali, pacha de Janina,plus qu’à la Porte ; la Grèce enfin , qui déjà se montrait disposée àbraver le sabre de scs anciens conquérants plutôt que de supporterleur joug. La distribution de ces provinces entre les copartageants étaitfaite d’après la géographie. La France y gagnait, il est vrai, de superbespositions maritimes. Cependant, outre 1 inconvénient de rapprocherelle-mèine les Russes de Constantinople , il y en avait un autre nonmoins grave : c’était de donner à la Russie et à l’Autriche des provincesqui devaient leur rester par la contiguïté du territoire, et d’en prendrepour elle qui ne pouvaient lui rester que dans l’hypothèse d’une gran-deur impossible à maintenir longtemps. Eussions-nous gardé la partiela plus essentielle de cette grandeur, le Rhin et les Alpes , et même lerevers des Alpes, c’est-à-dire le Piémont, la Grèce était encore troploin pour nous être conservée. Tout cela n’etait donc en réalité qu’unetriste concession du côté de l’Orient, pour le triomphe en Occident devues grandes, sans doute, mais inopportunes, excessives, devant ajou-ter de nouvelles charges à celles qui accablaient déjà l’Empire.
Le second plan était une sorte de bouleversement du monde civilisé.L’empire turc devait entièrement disparaître, soit de 1 Europe , soit del’Asie. Les Russes, d’après ce nouveau plan , passaient les Balkans etoccupaient le versant méridional, c’est-à-dire l’ancienne Thrace jus-qu’aux détroits, obtenaient l’objet de leurs vœux, Constantinople , etune portion du rivage de l’Asie pour assurer en leurs mains la possession de ces détroits. L’Autriche , mieux dotée aussi, et employée à sé-parer la Russie de la France , obtenait, outre la Bosnie et la Servie,l’une et l'autre en toute propriété, la Macédoine elle-même jusqu’à lamer ; moins Saloniquc. La France, conservant son ancien lot, l’Alba-nie , la Thessalie jusqu a Saloniquc, la Morée, Candie, avait encoretoutes les îles de l’Archipel, Chypre , la Syrie , l’Egypte. Les Turcs ,rejetés au fond de l’Asic-Mincure et sur l’Euphrate , étaient libres d’ycontinuer ce culte du Coran, qui leur faisait perdre leur empire d’Eu-rope et les trois quarts de celui d’Asie .