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LIVRE XX X.

Cependant ce n’élait pas tout que de discuter éventuellement desprojets de partage de l’empire turc. Napoléon pensait qu’il fallaitquelque chose de plus positif pour satisfaire les Russes , quelque chosequi, en lui imposant un sacrifice moindre, les loucherait profondé-ment, lorsque des paroles on passerait aux faits : c’était la conquête dela Finlande . Il avait ordonné à M. de Caulaincourt de presser vivement

» L'on en avait alors tiré celte conséquence, que l'empereur des Français ac-querrait l’Albanie , la Murée et file de Candie.

n L’on avait dès lors adjugé la Valachie. la Moldavie à la Russie , donnant à cetempire le Danube pour limite, ce qui comprend la Bessarabie , qui. en effet, est unelisière au bord de la mer, et que communément l’on considère comme faisant par-tie de la Moldavie ; si l'on ajoute à cette part la Bulgarie , l’empereur est prêt àconcourir à l’expédition de l’Inde , dont il n’avait pas été question alors, pourvu quecette expédition dans l'Inde se fasse comme l’empereur Napoléon vient de la tracerlui-même, à travers l’Asic-Mineure.

•' L’empereur Alexandre applaudit à l’idée de faire intervenir dans l’expéditionde l’Inde un corps de troupes autrichiennes, et, puisque l'empereur, son allié, pa-raît le désirer peu nombreux, il juge que ce concours trouverait une compensationsuffisante si l’on adjugeait à l’Autriche la Croatie turque et la Bosnie , à moins quel'empereur des Français ne trouvât sa convenance à en retenir une partie. L'onpeut outre cela offrir à l’Autriche un intérêt moins direct, mais très-considérable,en réglant ainsi qu’il suit le sort de la Servie, qui est sans contredit une des bellesprovinces de l’empire ottoman .

» Les Servions sont un peuple belliqueux, et cette qualité, qui commande tou-jours l’estime, doitinspirer le désir de bien arrêter leur destinée.

» LesServiens, pleins du sentiment d’une juste vengeance contre les Turcs, ontsecoué le joug de leurs oppresseurs avec hardiesse, et sont, dit-on, résolus de nele reprendre jamais. Il paraît donc nécessaire, pour consolider la paix, de songer àles rendre indépendants des Turcs.

a La paix de Tilsit ne prononce rien à leur égard : leur propre vœu, exprimé vi-vement et plus d’une fois, les a portés à prier l’empereur Alexandre de les admettreau nombre de scs sujets ; ce dévouement pour sa personne lui fait désirer qu’ilsvivent heureux et satisfaits, sans vouloir étendre sur eux sa domination . Sa Ma-jesté ne cherche pas des acquisitions qui pourraient entraver la paix ; elle fait avecplaisir ce sacrifice et tous ceux qui peuvent conduire à la rendre prompte et solide.Elle propose par conséquent d'ériger la Servie en royaume indépendant, de donnercette couronne à l’un des archiducs qui ne fût pas chef de quelque branche souve -raine etqui fût assez éloigné de la succession au Irôue d'Autriche : dans ce cas-ci,l’on stipulerait même que jamais ce royaume ne pourrait être r. uni à la masse desEtats de cette maison.

» Toute cette supposition de démembrement des provinces turques, telle qu’elleest énumérée ci-dessus, étant calquée d’après les engagements de Tilsit, u’a parut ffrir aucune difficulté aux deux personnes que les deux empereurs ont chargées dediscuter entre elles quels étaient les moyens d’arriver aux fins que se proposentLeurs Majestés Impériales.

« L’empereur de Russie est prêt à prendre part à un traité entre les trois empe-reurs, qui fixerait les conditions ci-dessus énoncées; mais, d’un autre côté, ayant