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ARANJOtZ.

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menaçants dans l’avenir. Lorsque, en effet, le colosse russe aura unpied aux Dardanelles, un autre sur le Sund , le vieux monde sera es-clave, la liberté aura fui eu Amérique : chimère aujourd’hui pour lesesprits bornés, ces tristes prévisions seront un jour cruellement réali-sées; car l’Europe, maladroitement divisée comme les villes de la Grèce devant les rois de Macédoine , aura probablement le même sort.

Après avoir longtemps discuté, le ministre russe et l’ambassadeurfrançais n’avaient fait que mûrir leurs idées, comme ils disaient. Il n’yavait plus que le rapprochement des deux souverains qui pût terminerces gigantesques désaccords. Il fut donc convenu que l’exposé des deuxplans serait adressé à Napoléon , avec prière d’envoyer ses opinions, etoffre d’une entrevue pour les concilier avec celles de l’empereurAlexandre. On devait adopter pour cette entrevue un lieu fort voisinde France, tel qu’Erfurt , par exemple. Maïs écrire de pareilles chosescoûtait même à ceux qui avaient osé les dire. M. de Caulaincort, avertiquelquefois par son bon sens de ce quelles avaient de chimérique oud’effrayant, aima mieux laisser le soin de les consigner parécritàM. deRomanzolT. Celui-ci accepta celte lâche, et présenta une note, minutéetout entière de sa main, que M. deCauiaincourt devait adresser immé-diatement à Napoléon . Cependant s’il osa l’écrire, il n’osa point lasigner. Il la remit lui-même écrite de sa main , mais non signée, et,pour lui donner pleine authenticité, l’empereur Alexandre déclara devive voix à M. de Caulaiucourt que cette note avait sa pleine appro-bation, et devait être reçue, quoique dépourvue de signature, commel’expression authentique de la pensée du cabinet russe *.

1 Nous croyons devoir citer cette pièce elle-même, monument peut-être le pluscurieux de ce temps extraordinaire, copiée textuellement sur la minute écrite dela main de M. de RomanzolT, envoyée à Napoléon , et contenue aujourd'hui dans ledépôt du Louvre. Nous avons tenu la pièce originale, et nous affirmons la rigou-reuse exactitude de la citation qui suit :

« Puisque S. M. l’Empereur des Français et roi d’Italie, etc., vient de juger que,pour arriver à la paix générale et affermir la tranquillité de l’Europe , il y fallaitaffaiblir l’empire ottoman par le démembrement de ses provinces, l’empereurAlexandre, fidele à ses engagements et à son amitié, est prêt à y concourir.

» La première pensée qui a dû se présenter à l’empereur de toutes les Russies ,qui aime à se retracer le souvenir de Tilsit, lorsque cette ouverture lui a été faite,c’est que l’Empereur, son allié, voulait porter tout de suite à exécution ce dont lesdeux monarques étaient convenus dans le traité d’alliance relativement aux Turcs,et qu’il y ajoutait ia proposition d’une expédition dans l'Inde .

» L’on était convenu à Tilsit que la puissance ottomane devait être rejetée enAsie, ne conservant en Europe que la ville de Constantinople et la Romélie.