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LIVRE XXIX.

la Finlande , mais le général Klingsporr avec la petite armée chargéede la défense du pays. Ils n’en firent rien , s’avancèrent le long du lit-toral en trois colonnes, commandées par les généraux Goilchakotf,Toutclikoff etBagration, chassant devant eux les Suédois, qui se dé-fendaient aussi vigoureusement qu’ils étaient attaqués, dans une suitede combats partiels. La colonne de gauche parvenue à Svéaborg, tan-dis que les deux autres marchaient sur Tavasléhus, entreprit le blocusde celte grande forteresse maritime , qui consistait en plusieurs îlesfortifiées , et qui était défendue par le vieil amiral Gronstedt avec7.000 hommes. Les colonnes du centre cl de droite s’avancèrent deTavasléhus jusqu’à Abo, après avoir parcouru le côté du triangle fin-landais qui borde le golfe de Finlande. Le général Bagration fut laisséà Abo, et le général Toutclikoff fut ensuite acheminé sur le côté quiborde le golfe de Bothnie, montant droit au nord jusqu’à Uléaborg .Une faible colonne avait été dirigée sur la ligne essentielle, celle deViborg à Uléaborg. Aussi les Busses ne firent-ils que pousser devanteux l’ennemi, lui enlevant à peine quelques prisonniers, et amenanteux-mèmes la concentration des Suédois, qui auraient pu, en se jetanten masse sur la véritable ligne d’opération, d’Uléaborg à Yiborg, parle Savolax , leur faire expier une aussi fausse manière d’opérer. Il y eutnéanmoins de brillants combats de détail, qui prouvaient la bravouredes troupes des deux nations, l’expérience acquise par les officiersrusses dans leur guerres contre nous, mais l’ignorance de leur état-major dans tout ce qui concernait la conduite générale des opérations.Ce n'est pas ainsi que les généraux français élevés à l’école de Napo-léon auraient agi sur un pareil théâtre de guerre. Les Russes ayantenvahi, mais non conquis le pays, entreprirent le siège des places dulittoral, entre autres celui de Svéaborg, que la gelée devait singulière-ment faciliter.

Un mois à peu près avait suffi à cette marche militaire, qui n’étaitque le début de la guerre de Finlande , mois employé par le cabinetrusse à la discussion du partage de l’Orient. En apprenant l’invasionde ses États, le roi de Suède , pour se venger apparemment de la sur-prise que lui faisait son beau-frère, se permit un acte qui n’était plusguère d’usage, même en Turquie : il fit arrêter l’ambassadeur de Rus-sie , M. d’Alopéus, au lieu de se borner à le renvoyer, ce qui excitaune indignation générale dans tout le corps diplomatique résidant àStockholm . Alexandre répondit avec la dignité convenable à cette