AIUNJUEZ.
291
laincourt, ils finirent par envahir la Finlande dans le courant defévrier, à l’époque même où se discutait le plan de partage que nousavons rapporté.
Malgré tous ses efforts, l’empereur Alexandre n’avait pas pu réunirplus de 25,000 hommes sur la frontière de Finlande . Il en avait confiéle commandement au général Buxhoewden, le même qui avait signaléson impéritie à Austerlitz, et qui la signala mieux encore dans laguerre contre la Suède . On lui avait donné d’excellentes troupes, debons lieutenants, notamment l’héroïque et infatigable Bagration , qui,une guerre finie, en voulait commencer une autre. Napoléon les avaitfort pressés d’agir pendant les gelées afin qu’ils pussent traverser sanspeine les eaux qui couvrent la Finlande , pays semé de lacs, de forêts,de roches granitiques tombées sur cette terre comme des aérolithes.Un brave officier suédois, le général Klingsporr, avec 15,000 hommesde troupes régulières, solides comme les troupes suédoises, et 4,000ou 5,000 hommes de milice, défendait la contrée. Si le gouvernementsuédois, moins insensible à tous les avis qu’il avait reçus, avait pris sesprécautions, et dirigé toutes ses forces sur ce point, au lieu de mena-cer les Danois de tentatives ridicules, il aurait pu disputer avantageu-sement cette précieuse province. Mais il y avait laissé trop peu detroupes, et des troupes trop peu préparées pour opposer une résistanceefficace. De leur côté, les Russes attaquèrent d’après un plan fort malconçu, et qui attestait la profonde incapacité de leur général en chef.La Finlande, de Viborg à Abo, d’Abo à Uléaborg , forme un triangle,dont deux côtés sont baignés par les golfes de Finlande et de Bothnie,tandis que le troisième est bordé par la frontière russe. Le bon sensindiquait qu’il fallait opérer par le côté du triangle qui longeait lafrontière russe, c’est-à-dire par le Savolax , parce que c’était la lignela plus courte et la moins défendue. Les Suédois en effet occupaient lesdeux côtés qui forment le littoral des golfes de Finlande et de Bothnie:ils étaient répandus dans les ports, peuplés eu général par des Sué-dois, anciens colons de la Finlande . Si, au lieu de parcourir pourles leur disputer les deux côtés maritimes du triangle, les Russes avaient suivi avec une colonne de 15,000 hommes le côté qui bordeleur frontière de Viborg à Uléaborg, n’envoyant le long du littoralqu’une colonne de 10,000 hommes, pour l’occuper à mesure que lesSuédois l’évacueraient , et pour bloquer aussi les places , ils seraientarrivés avant les Suédois à Uléaborg, et auraient pris non-seulement