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I.1VRE XXlX.
cessité de se fixer sur ce qu’on voulait faire, et de l'embarras de restersans instructions en présence des événements qui se préparaient. Jecroyais, sire, écrivait-il à Napoléon, je croyais, après tant d’années deservice et de dévouement, avoir mérité votre confiance, et, revêtusurtout du commandement de vos troupes, devoir connaître à quellesfins elles allaient être employées. Je vous eu supplie, ajoulail-il, don-nez-moi des instructions. Quelles quelles soient, elles seront exécutées.Voulez-vous renverser Godoy, faire régner Ferdinand, rien n’est plusfacile. Un mot de votre bouche suffira. Voulez-vous changer la dy-nastie des Bourbons, régénérer l'Espagne en lui donnant l’un des princesde votre maison, rien n’est plus facile encore. Votre volonté sera reçuecomme celle de la Providence. » Le brave mais faible observateurMurat n’osait pas ajouter une dernière assertion, plus vraie que toutescelles dont il remplissait ses rapports : c’est qu’il eût été le mieux ac-cueilli des princes étrangers qu’on aurait pu substituer à la dynastierégnante.
Napoléon, dont l’intention était d’effrayer la cour par son silence,tout en rassurant au contraire la population par une attitude amicale,afin d’arriver à Madrid sans coup férir, et de s’emparer pacifiquementd’un trône vide, Napoléon éprouva un mouvement d’impatience à lalecture des lettres de Murat, remplies d’interrogations pressantes.« Quand je vous prescris, lui dit-il, de marcher militairement, de tenirvos divisions bien rassemblées et à distance de combat, de les pourvoirabondamment pour quelles ne commettent aucun désordre, d’évitertoute collision, de ne prendre aucune part aux divisions de la courd’Espagne , et de me renvoyer les questions qu’elle pourra vous adres-ser, ne sont ce pas là des instructions? Le reste ne vous regarde pas,et, si je ne vous dis rien, c’est que vous ne devez rien savoir. »
Il ajouta à cette réprimande les ordres que réclamait la circonstance.11 prescrivit par un décret de fournir sur-le-champ aux bataillonsdétachés de leurs régiments des fonds dont on tiendrait compte à l’ad-ministration des corps; de prendre dans sa garde de jeunes sous-offi-ciers, suffisamment lettrés, ayant fait les campagnes de 18ü(i et 1807,pour les nommer officiers, et pourvoir ainsi les régiments qui enmanqueraient ; de soumettre sur-le-champ tous les galeux à un traite-ment ; de camper les troupes dès que le froid serait passé, ce qui nepouvait tarder en Espagne ; de faire partir la brigade composée desquatrièmes bataillons des légions de réserve, pour la joindre à celle