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LIVRE XXIX.
liens avait attiré à ceux-ci plus d’un coup de couteau. La gravité des cir-constances ayant occasionné la fermeture des fabriques, il y avait un grandnombre d’ouvriers oisifs, prêts à se livrer à toute espèce de désordres.Le général Duliesmc, placé avec 7,000 hommes au milieu d’une villede 130,000 âmes bien que suivi à peu de distance par 3,000 Français ,était dans une position critique, surtout n’étant pas maître de la ci-tadelle de Barcelone, et du fort de Mont-Jouy qui domine entièrementla ville. Aussi était-il convenu avec le général Lcchi, commandant lesItaliens, d’un plan d’enlèvement des forteresses, lorsque l’ordre réi-téré de s’en saisir vint mettre fin à toutes ses hésitations. Un matin ilfit prendre les armes à ses troupes, en dirigea une partie sur la cita-delle, une autre sur le Mont-Jouy. A la principale porte de la citadelleun poste français partageait la garde avec un poste espagnol . On enprofita pour pénétrer dans l’intérieur. La moitié de la garnison, parsuite de la négligence des officiers espagnols, était répandue dans laville. On se trouva donc en force très-supérieure dans l’intérieur de lacitadelle, et on s’en empara sans coup férir. Au fort Mont-Jouy il enfut autrement. L’entrée fut refusée par l’officier qui y commandait, etqui plus tard défendit énergiquement Girone , le brigadier Alvarez.Bien qu’une partie de ses troupes fût absente et dispersée, ainsi qu’ilétait arrivé à la citadelle, il fit mine de se défendre. De son côté, legénéral Dubesme, qui avait porté là le gros de scs forces, déclara qu’ilallait commencer l’attaque. Le capitaine général de la Catalogne ,comte d’Ezpeleta, craignant une collision qu’on lui avait, recommandéd'éviter, prit la détermination de céder, et de livrer le Mont-Jouy auxFrançais *. Us s’y établirent immédiatement. Maîtres des deux forte-resses qui dominent Barcelone , ils n’avaient plus rien à craindre.Mais ils n’y étaient entrés qu’en faisant éprouver à la population de laCatalogne une émotion pénible, et très-fàcbcuse dans les circon-stances.
A Pampelune , le général Darmagnac, brave homme, plein d’éner-gie et de loyauté, qui aurait plus volontiers escaladé de vive force quedérobé par surprise une place qu’on lui ordonnait d’occuper, employaun moyen très-adroit pour pénétrer d: ns la citadelle. Il était logé dansune maison peu distante de la porte principale. Il y fit cacher centgrenadiers bien armés. Ses troupes avaient l’habitude d’aller le matin
1 Le général Dubesme s’empara de la citadelle de Barcelone le 27 février. (F. VV )