AUANJDEZ.
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chercher leurs vivres dans la citadelle même. Il envoya une cinquan-taine d'hommes choisis, qui se rendirent sans armes à la porte de lacitadelle un peu avant la distribution, et qui tout en feignant d’atten-dre s'approchèrent du poste qui gardait la porte, se jetèrent sur lui,le désarmèrent, tandis que les cent grenadiers embusques dans la mai-son du général Darmagnac, accourant en toute hâte, achevèrent l’en-lèvcmcnt. Les troupes françaises secrètement réunies survinrent dansle même moment, et la citadelle fut conquise *, mais au grand dé-plaisir du général Darmagnac, qui écrivit au ministre de la guerre,en lui rendant compte de ce qu’il avait fait : Ce sont là de vilainesmissions. A Pampelune comme à Barcelone l’émotion fut vive etgénérale.
On eut moins de peine à Saint-Sébastien. Un duc de Grillon, d’ori-gine française, y commandait. Murat le somma de rendre la place. Ilrefusa nettement d’obéir. Murat lui répliqua qu’il avait ordre de l’oc-cuper, non dans des vues hostiles, mais dans des vues de prudencemilitaire fort simples, pour assurer les derrières de l’armée, et que sion lui résistait il allait immédiatement ouvrir le feu. Le duc de Gril-lon, averti comme les autres commandants de place qu’une collisiondevait être évitée, rendit Saint-Sébaslien, à condition que Murat le luirestituerait si sa condescendance n’était pas approuvée à Madrid . Mu-rat consentit à cette réserve puérile, et fit entrer dans Saint-Sébastienun bataillon de troupes françaises.
Cette subite occupation des places, opérée dans les derniers joursde février et les premiers jours de mars, produisit en Espagne la plusfâcheuse impression. Les esprits prévoyants, qui avaient remarquéque pour s’emparer du Portugal , déjà conquis d’ailleurs, que pourrenverser un favori abhorré de la nation, il nefailait pas tant de troupes,commençaient à trouver leurs remarques justifiées, et à renconirerplus d’assentiment. Dans les pays surtout qui avaient été témoins deces surprises, accompagnées de plus ou moins de violence, on failliten venir aux mains avec nos troupes. La bourgeoisie, qui, moins hos-tile aux étrangers que le peuple, plus portée à des changements, moinstravaillée par le clergé, s’était, plu à espérer de nous la chute du favoriet la régénération de l’Espagne , fut désolée. Le peuple montra un pre-mier mouvement de fureur, que la ferme attitude de nos soldats et de
1 La prise de la citadelle de Pampelune eut lieu le 17 lévrier, dix jours avant laprise de Barcelone. (F. W )