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LIVRE XXX.
auguste ami Charles IV à quelques réformes indispensables, et notam-ment au renvoi du prince de la Paix; qu’il avait souvent conseillé cerenvoi, niais que s’il n’avait pas insisté davantage, c’était par ménage- |
ment pour d’augustes faiblesses qu’il fallait pardonner, car les rois j
n’étaient, comme les autres hommes, que faiblesse.et erreur ; qu’aumilieu de ces projets il avait été surpris par les événements d’Aranjuez ;qu’il n’entendait aucunement s’en constituer le juge, mais que, sesarmées s'étant trouvées sur les lieux, il ne voulait pas aux yeux del’Europe paraître le promoteur ou le complice d’une révolution quiavait renversé du trône un allié et un ami ; qu’il ne prétendait points’immiscer dans les affaires intérieures de l’Espagne , mais que s’il lui jétait démontré que l’abdication de Charles IV avau été volontaire, ilne ferait aucune difficulté de le reconnaître, lui prince des Asturies, j
comme légitime souverain d’Espagne ; que pour cela un entretien de '
quelques heures paraissait désirable, et qu’enfm, à la réserve observée *
depuis un mois de la part de la France , on ne devait pas craindre detrouver dans l’empereur des Français un juge défavorablement prévenu.
Puis venaient quelques conseils exprimés dans le langage le plus élevésur le procès intenté au prince de la Paix, sur l’inconvénient qu’il y %
aurait à déshonorer non-seulement le prince, mais le roi et la reine, à \
initier au secret des affaires de l’État une multitude jalouse et mal-veillante, à lui donner la funeste habitude de porter la main sur ceux 'qui l’avaient longtemps gouvernée; car, ajoutait Napoléon, les peuplesse vengent volontiers des hommages qu'ils nous rendent. Il se mon- \trait, en finissant, disposé encore à l’idée d’un mariage, si les explica-tions qui allaient lui être données à Bayonne étaient de nature à lesatisfaire. !
Celte lettre, adroit mélange dindulgence, de hauteur, de raison, j
eût été une belle pièce d’éloquence si elle n’avait caché une perfidie. j
Le général Savary devait la porter à Viltoria, y joindre les développe- j
menls nécessaires, et au Éesoin ajouter de ces paroles captieuses dont \
il était podigue, et qui dans sa bouche pouvaient décider Ferdi-nand Vil sans cependant engager Napoléon. Mais il fallait prévoir le jcas où Ferdinand VII et ses conseillers résisteraient à toutes ces em-bûches. Ce cas survenant, Napoléon n’entendait pas s’arrêter à mi-che-min. AI récida donc que la force serait employée. Il avait fait passereu Espagic, outre la division d’observation des Pyrénées occidentales,la réservr d’infanterie provisoire du général Verdier, la division de ca- j