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BAYONNE .

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et dans la destinée. Cette lettre, dans laquelle ils auraient dû aperce-voir à toutes les lignes une intention cachée et menaçante, car l’étrangeprétention de juger le litige survenu entre le père et le fils ne pouvaitrévéler que la volonté de condamner l’un des deux, et celui des deuxévidemment qui était le plus capable de régner, cette lettre, loin deleur dessiller les yeux, ne fit que les abuser davantage. Ils ne furentsensibles qu’au passage dans lequel Napoléon disait qu’il avait besoind’être édifié sur les événements d’Aranjuez , qu’il espérait l’être h lasuite de son entretien avec Ferdinand VII , et qu’immédiatement aprèsil ne ferait aucune difficulté de le reconnaître pour roi d’Espagne .Cette vague promesse leur rendit toutes leurs illusions. Ils y virent lacertitude d’être reconnus le lendemain de leur arrivée à Bayonne , etils eurent la simplicité de demander au général Savary si ce n’était pasainsi qu’il fallait interpréter la lettre de Napoléon ; à quoi le généralrépondit qu’ils avaient bien raison de l’interpréter de la sorte, et quellene voulait pas dire autre chose. Ainsi rassurés, ils résolurent de par-tir le 19 au matin de Vittoria, pour aller coucher le soir à Irun, en sefaisant précéder d'un envoyé qui annoncerait leur arrivée à Bayonne .Il faut ajouter aussi que les troupes du général Verdier réunies à Vit-loria, et les entourant de toutes parts, ne leur auraient guère laisséla liberté du choix, s’ils avaient voulu agir autrement. Du reste ils nes'aperçurent même pas de celte contrainte, tant ils étaient aveuglés surleur péril.

Mais le peuple des provinces environnantes, accouru pour voirFerdinand VII , ne raisonnait pas sur cette situation comme ses conseil-lers. M. d’Urquijo avait répété à tout venant ce qu’il avait dit à la courde Ferdinand Vil. Ses paroles avaient trouvé de l’écho, et une multitudede sujets fidèles s’étaient réunis pour s’opposer au départ de leur jeuneroi. Le 19 au matin, moment assigné pour se mettre enroule et les voi-tures royales étant attelées, il s’éleva soudainement un tumulte popu-laire. Une foule de paysans armés, qui,depuisplusicursjours,couchaientà terre, soit devant la porte, soit dans l’intérieur de la demeure royale,manifestèrent l’intention de s’opposer au voyage. L’un d’eux, arméd’une faucille, coupa les traits des voitures et détela les mules, qui furentramenées aux écuries. Une collision pouvait s’ensuivre avec les troupesfrançaises chargées d’escorter Ferdinand. Heureusement on avait ordonnéà l’infanterie de rester dans les casernes les armes chargées, la mèchedes canons allumée. La cavalerie de la garde se tenait seule sur la