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BAYONNE .

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chasseurs et des mameluks de la garde, lancés à propos, pénétrèrenten la sabrant dans celte masse de peuple, et l’obligèrent à se disperserpar toutes les issues qui restaient encore libres. Les mameluks surtout,se servant de leurs sabres recourbés avec une grande dextérité, firenttomber quelques tètes, et causèrent ainsi une épouvante qui a laisséun long souvenir dans la population de Madrid . La foule repousséen’en eut que plus d’empressement à se réfugier dans les maisons pourtirer des fenêtres. Les troupes du général Grouchy eurent plusieursexécutions sanglantes à faire dans la rue de San-Geronimo, surtout àl’hôtel du duc dellijar, d’où étaient partis des feux meurtriers. Cellesdu général Lefranc eurent à soutenir un combat plus opiniàlrc à l’ar-senal, où était renfermée une partie de la garnison de Madrid , avecordre de ne pas combattre. Des insurgés s’y étant portés firent feu surnos troupes, et le corps des artilleurs espagnols se trouva malgré luiengagé dans la lutte. La nécessité d’enlcverà découvert un édifice fermé,cl d'où partait un feu très-vif de mou-queterie, nous coûta quelqueshommes. Mais nos soldats, conduits vivement à l’assaut, débusquèrentles défenseurs, et leur firent payer cher cct engagement. L'arsenal futpris avant que le peuple eût pu s’emparer des armes et des munitions.

Deux ou trois heures avaient suffi pour réprimer cette sédition, etou n’entendait plus, après la prise de l’arsenal, que quelques coupsde feu isolés. Murat avait fait former à l’hôtel des Postes une commis-sion militaire, qui ordonnait l’exécution immédiate des paysans saisisles armes à la main. Quelques-uns furent, pour l’exemple, fusillés sur-le-champ au Prado même. Les autres, cherchant à s’enfuir vers la cam-pagne, furent poursuivis et sabrés par les cuirassiers. Les troupes ducamp, arrivant à l'instant, ne trouvèrent plus à se servir de leursarmes. Tout était pacilié par la terreur d’une prompte répression, etpar la présence des ministres O’Farrill et Azanza, qui, accompagnésdu général Harispe , chef d’état-major de Murat, faisaient cesser lecombat partout où il eu restait quelque trace. Ils demandèrent aussi,et on leur accoida sans difficulté, la fin des exécutions qu’ordonnait lacommission militaire établie à l’hôtel des Postes.

Cette journée fatale, qui devait plus tard avoir en Espagne un reten-tissement terrible, eut pour effet immédiat de contenir la populace deMadrid , en lui ôtant toute illusion sur ses forces, et en lui apprenantque nos jeunes soldats, conduits par de vieux officiers, étaient invin-cibles pour les féroces paysans de l’Espagne , comme ils le furent bientôtVIII. 11