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heures de l’après-midi. En les recevant, Napoléon y vit sur-le-chample moyen de produire la secousse dont il avait besoin pour terminercette espèce de négociation entamée avec les princes d’Espagne . Il serendit auprès de Charles IV, la dépêche de Murat à la main, et montraplus d’irritation qu’il n’en éprouvait de ces Vêpres siciliennes dont onavait voulu faire l’essai à Madrid . Il aimait fort scs soldats; mais, quandil en sacrifiait dix ou vingt mille dans une journée, il n’était pashomme à en regretter une centaine pour un aussi grand intérêt que laconquête du troue d’Espagne . Néanmoins il simula l’irritation devantces vieux souverains qui furent fort effrayés de voir en colère celui dontils dépendaient. On fit appeler les infants, et à leur lêle Ferdinand VII .Aussitôt entrés dans l’appartement de leurs paren's, ils furentapostrophés par le père, par la mère, avec une extrême violence.■■Voilà donc ton ouvrage!... dit Charles IV à Ferdinand Vif.Le sang de mes sujets a coulé ; celui des soldats de mon allié,de mon ami, le grand Napoléon, a coulé aussi. A quels ravages n’au-rais-tu pas exposé l’Espagne si nous avions affaire à un vainqueurmoins généreux ! Voilà les conséquences de ce que toi et les tiens avezfait pour jouir quelques jours plus tôt d’une couronne que j’étais aussipressé que toi de placer sur ta tète. Tu as déchaîné le peuple, etpersonne n’en est plus maître aujourd’hui. Rends, rends cette couronnetrop pesante pour toi, et donne-la à celui qui seul est capable de laporter. » En proférant ces paroles, le vieux roi, condamné à une siaffligeante comédie, agitait une canne à pomme d’or, sur laquelle ils’appuyait ordinairement à cause de ses infirmités, et il sembla auxyeux de tous les assistants qu’il en menaçait son fils. Le père avait àpeine achevé quela vieille reine, celle-ci avec une colère qui n’était pasjouée, se précipita sur Ferdinand, l’accabla d’injures, lui reprochad’être un mauvais fils, d’avoir voulu détrôner son père, d’avoir désiréle meurtre de sa mère, d’être faux, perfide, lâche, sans entrailles...En essuyant toutes ces apostrophes, Ferdinand VII , immobile, lesyeux fixés à terre, avec une sorte d’insensibilité stupide, ne répondaitrien, ne témoignait rien, et souffrait tout. Plusieurs fois sa mère, 1 in-terpellant, s’approchant de lui, le menaçant de la main, lui dit : » Tevoilà bien, tel que tu as toujours été ! Lorsque ton père et moi vou-lions l’adresser quelques exhortations dans ton intérêt même, tu tetaisais, en ne répondant à nos conseils que par le silence et la haine...Mais réponds donc à ton père, à ta mère, à notre ami, à notre pro-