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» Bayonne par le plus court chemin de Turin , du Mont-Céuis et de» Lyon ... Gardez du reste le secret; on ne s’en doutera que>■ trop... •> Elc.
Telle était la manière simple et expéditive avec laquelle se donnaientalors les couronnes même celle de Charles-Quint et de Philippe II .
. napoléon écrivit à Murat pour l’informer de ce qui venait de se passerà Bayonne , lui annoncer le choix qu’il avait fait de Joseph pour régneren Espagne, la vacance du royaume de Naples , laquelle ajoutée à celledu royaume de Portugal (car le traité de Fontainebleau disparaissaitavec Charles IV), laissait l’option entre les deux trônes vacants. Napo-léon , dans ces mêmes dépêches, offrit à Murat l’un ou l’autre à songré, en l’engageant néanmoins à préférer celui de Naples , car lesprojets maritimes qu’il méditait devant lui assurer la Sicile , ceroyaume serait, comme autrefois, de C,000,000 d'habitants. Il luienjoignit, en attendant, de s’emparer à Madrid de toute l’autorité, des’en servir avec la plus grande vigueur, de faire part à la junte de gou-vernement, aux conseils de Castille et des Indes, des renonciations deCharles IV et de Ferdinand VII , et d’exiger de ces divers corps qu’ilslui demandassent Joseph Bonaparte comme roi d’Espagne .
On se ferait difficilement une idée de la surprise et de la douleur deMurat en apprenant le choix, pourtant si naturel, auquel Napoléon venait de s’arrêter. Le commandement des armées françaises dans laPéninsule, converti bientôt en lieutenance générale du royaume, luiavait paru un présage certain de son élévation au trône d’Espagne . Lerenversement de ses espérances fut pour lui un coup qui ébranla pro-fondément son âme et même sa forte constitution, comme on en verrabientôt la preuve. La belle couronne de Naples, que Napoléon faisaitbriller à ses yeux, fut loin de le dédommager, et ne lui sembla qu’uneamère disgrâce. Il s’abstint néanmoins, tant il était soumis à son tout-puissant beau-frère, de lui en témoigner aucun mécontentement ; maisen lui répondant il garda sur ce sujet un silence qui prouvait assez cequ’il sentait, et il laissa voir à M. de la Forêt, qui avait conquis toutesa confiance, les sentiments douloureux dont il était plein. M. de laForêt, ancien ministre à Berlin , venait de lui être envoyé en rempla-cement de M. de Beauharnais, frappé d’une révocation imméritée pourles gaucheries qu’il avait commises , et qui étaient inévitables dans laposition où il se trouvait, cùt-il été plus habile.
Toutefois Murat avait encore une chance ; c’est que Joseph n’acceplàt