bayokne.
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réponse à ces questions avait été affirmative, comme on s’en souvient,et datée du 5 mai au matin, un peu avant la scène qui avait eu lieuchez le vieux roi Charles IV, et qui avait décidé les renonciations.Après mûre réflexion, les membres de la junte, considérant que ce quis’était passé depuis entre le père et le fils avait changé tout à fait l’étatdes choses, amené Ferdinand VII à se démettre de la royauté, et àconseiller lui-même la prudence, crurent ne devoir tenir aucun compted’ordres annulés par des résolutions postérieures. Ils se montrèrentdonc devant Murat tout 5 fait résignés, prêts à obéir à ses commande-ments et à reconnaître le roi que leur donnerait Napoléon. Ceux no-tamment qui, par conviction ou intérêt, adoptaient l’idée d’un chan-gement de dynastie, le marquis de Caballero par exemple, étaientdisposés à servir activement la nouvelle royauté, surtout si c’étaitMurat, qu’ils connaissaient, qui devait en être investi.
Murat cependant avait autre chose qu’un concours passif à réclamerde leur part. Il avait ordre de faire surgir du sein de la junte et desconseils de Castille et des Indes la demande formelle de Joseph Bona-parte comme roi d’Espagne . C’était trop pour la faiblesse des uns, pourles calculs intéressés des autres. Laisser tomber les droits delà maisonde Bourbon, sans prendre la responsabilité du changement de dynas-tie, était tout ce qu’on pouvait attendre d’eux. Se compromettre pourun prince nouveau, à la condition de le faire sous ses yeux, et d’ac-quérir ainsi toute sa faveur, aurait pu convenir aux ambitieux ; maisil ne leur convenait pas de se compromettre pour un prince absent,inconnu, qui n’était pas témoin de l’ardeur qu'on mettait à le servir.
Mural trouva donc tous les courages glacés, quand il proposa à lajunte de se concerter avec les conseils de Castille et des Indes pourappeler Joseph Bonaparte au trône d’Espagne . Les uns ne cachèrentpas leurs craintes, les autres leur peu de zèle pour les intérêts d’unroi absent. Il y avait là de quoi flatter les secrets penchants de Murat,car il était évident que l’initiative des autorités espagnoles eût été plusfacile à obtenir s’il se fût agi de lui, soit parce qu’il plaisait, soit parcequ’il était sur les lieux. Il n’en insista pas moins beaucoup, et vive-meut, auprès des autorités espagnoles, pour leur arracher ce qu’ilavait mission d'en obtenir.
Les conseils de Castille et des Indes, qui sous quelques rapports ré-pondaient, comme nous l’avons dit, à ce qu’étaient autrefois en France les parlements, avaient toujours recherché les occasions d’étendre leur